UNAF - Déremboursement des médicaments à vignette bleue : L’UNAF réagit

Sécurité sociale

Déremboursement des médicaments à vignette bleue : L’UNAF réagit

30/06/2008

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Le Conseil de la Caisse nationale de l’Assurance maladie des Travailleurs salariés (CNAMTS), au sein duquel siège l’UNAF, a adopté à l’unanimité le 26 juin 2008 une position ferme et claire sur les propositions que présentait le Directeur général, Frédéric Van Roekeghem.

Le Conseil a rappelé “son attachement au fondement solidaire de l’assurance maladie“. “Soucieux d’éviter que les dettes de l’assurance maladie continuent à être transférées sur les générations futures“, le Conseil a en effet considéré que “la question de l’évolution de notre système de santé et de son financement doit s’appuyer sur un débat de fond du Conseil dans des délais raisonnables, en particulier sur les Affections de longue durée“.

A l’unanimité de ses membres, le Conseil a donc demandé que les propositions concernant les ALD “soient retirées de la note relative à l’équilibre des charges et des produits pour 2009“.

Vous trouverez ci-jointe la position de l’UNAF (non lue au cours du Conseil compte tenu du vote « contre » unanime).


Position de l’UNAF Conseil de la CNAMTS du 26 juin 2008

L’UNAF ne peut que réaffirmer son attachement au système actuel de prise en charge des affections de longue durée (ALD).

Comme nous l’avons précisé lors de l’audition du 29 mai 2008 par la MECSS à l’Assemblée nationale, il est indispensable, afin de mieux prendre en charge les affections chroniques, de développer la prévention et l’éducation à la santé et ce dès le plus jeune âge. Il faut aider nos concitoyens à devenir de véritables acteurs de leur santé.

Les mesures annoncées par l’Assurance-maladie, sont, une fois de plus, des mesures purement économiques, ponctuelles et qui ne résoudront pas le déficit profond de l’Assurance-maladie.

De plus, pourquoi, maintenant, alors que le Comité d’alerte n’a pas émis d’alerte ?

Une prise en charge à 35 % des médicaments au lieu de 100 % peut être « indolore » pour ceux qui ont une complémentaire, mais que propose-t-on aux 8 % de français qui n’ont pas accès à une complémentaire et qui sont, par définition, les plus vulnérables ? Ou encore, que propose-t-on à ceux qui bénéficient d’un contrat complémentaire ne couvrant pas toutes les dépenses ou sélectionnant les risques ?

Cette piste avait d’ailleurs été écartée par le HCAMM, dans son avis du 28 avril 2005, car elle entraîne des conséquences négatives en termes d’équité et de solidarité.

Il faut s’attaquer, d’une façon générale, au reste à charge (RAC) : plus de 2 millions de personnes en ALD ont un RAC de plus de 810 euros par an, près de 4,5 millions non en ALD ont un RAC de plus de 500 euros et 900.000 ont un RAC moyen de 1.000 euros.

Une meilleure gestion du régime des ALD est donc indispensable. Il faut gagner en qualité et en efficience et arrêter de pénaliser les plus vulnérables.

De plus, ces nouvelles mesures s’ajoutent aux forfaits et franchises déjà pénalisantes pour les familles et les malades.

Enfin, l’accumulation de ce type de mesures risque de provoquer des renonciations aux soins qui coûteront bien plus à la société, que les économies escomptées par les mesures annoncées.


Photo par Sparktography - Creative Commons CCBY - Source Flickr

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