UNAF - Plan gouvernemental pour redresser l’assurance maladie : une satisfaction dans l’immédiat

Communiqué de presse N° 15.30.07.08

Plan gouvernemental pour redresser l’assurance maladie : une satisfaction dans l’immédiat


30/07/2008

La ministre de la santé et le ministre du budget viennent d’annoncer le plan d’économie pour l’assurance maladie visant à résorber le déficit de 4 milliards d’euros.

Le plan annoncé ne remet pas en cause la prise en charge à 100% des soins liés aux affections de longue durée. Et nous nous en félicitons.

La mesure phare consiste à faire payer aux complémentaires santé une taxe sur leur chiffre d’affaires qui devrait rapporter environ 1 milliard d’euros.

Cette mesure ne met pas directement les ménages à contribution, on peut néanmoins craindre une augmentation des cotisations des complémentaires à plus ou moins court terme (même si un dispositif doit garantir cette non augmentation.)

D’ailleurs certaines complémentaires santé l’annoncent d’ores et déjà.

Rappelons que, depuis 2004, les Français ont largement contribué à la réduction du déficit :

  • un euro par consultation médicale
  • dix-huit euros de forfait pour les actes chirurgicaux de plus de 91 euros
  • moindre remboursement s’ils ne respectent pas « le passage » par le médecin traitant (ou s’ils n’en ont pas)
  • franchises : 0,50 euros par boites de médicaments et par actes paramédicaux ou encore 2 euros par transport médical

Ces mesures ne sont pas neutres par rapport à l’accès aux soins.

L’ Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) vient ainsi de rappeler que 7% des français n’ont pas de complémentaire et qu’au cours des douze derniers mois 14% des français ont renoncé à des soins, le plus souvent faute de complémentaire.

Parallèlement les discussions tarifaires ont lieu entre l’assurance maladie, les syndicats médicaux et les représentants des complémentaires, sans que personne ne s’offusque que les représentants des usagers du système de santé ne soient pas associés à ces discussions. Ceci nous fait craindre le pire.

L’UNAF s’interroge ainsi sur la capacité de l’assurance maladie à s’assurer que les contreparties proposées lors des discussions conventionnelles soient bien réelles. L’expérience nous fait craindre que les engagements ne soient qu’une façade incontrôlable.
La satisfaction serait donc de bien courte durée.

Mettons-nous enfin autour de la table des négociations avec tous les acteurs : État, partenaires sociaux, assurance maladie obligatoire et complémentaire, associations représentants les familles et les usagers du système de soins, et trouvons ensemble des solutions structurelles et non ponctuelles.

Haut de page