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CESE

Les débats au CESE : défense 2e chance

19/01/2009

Le Conseil Economique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 13 et 14 janvier 2009 . A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante :
« Défense 2e chance », bilan et perspectives, rapporteur Mme Françoise GENG au nom de la section du travail.


DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Lors du premier avis en Juin 2006, l’UNAF avait déjà exprimé son très grand intérêt pour ce dispositif. Près de trois ans plus tard à l’occasion de cette première évaluation, nous ne pouvons que confirmer l’exigence pour les pouvoirs publics, de tout faire pour que les jeunes, qui ont eu un parcours de vie difficile, voire chaotique, aient des possibilités de s’insérer professionnellement dans la société.
Pour le groupe de l’UNAF, il n’est pas concevable de laisser autant de jeunes sur le bord du chemin de la connaissance, voie indispensable de l’insertion.

Le bilan dressé dans le présent avis montre qu’avec ses imperfections cette expérimentation a donné des résultats : au 31 décembre 2007 sur les 1 534 jeunes, qui ont effectué un parcours d’au moins un an dans un centre, 573 jeunes ont obtenu un contrat de travail.
Mais, au regard du coût de ce dispositif « Défense 2e chance », que certains jugent disproportionné par rapport aux autres plans d’insertion des jeunes : 20 fois plus que le CIVIS (contrat d’insertion dans la vie sociale), 4 fois plus que l’école 2e chance, et un coût à peu près semblable au SMA (service militaire adapté – dans les DOM) et que la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), la question se pose de continuer et d’amplifier cette expérimentation.

Pour le groupe de l’UNAF, la réponse est favorable et son soutien sera total si les remarques suivantes seront réellement prises en compte dans l’avenir.

1) Nécessité de repenser le dimensionnement de la structure centrale au profit des centres. Ainsi certaines compétences seraient plus efficaces et productives en étant mises en œuvre au plus près des jeunes.

2) Donner de l’autonomie aux centres qui accueillent les jeunes. En effet, ceux-ci ont besoin de souplesse et de réactivité dans la mise en œuvre du dispositif.

Cette autonomie est particulièrement indispensable pour nouer des partenariats avec les sociétés qui accueilleront les stagiaires.

3) Inscrire, le dispositif « Défense 2e chance » au sein des politiques d’insertion sociale et professionnelle et en particulier en complément des mesures proposées par les missions locales. Comme l’avis le précise, 43 % des entrées dans le dispositif se réalisent par l’intermédiaire des missions locales. Cette bataille de l’insertion des jeunes ne se fera pas s’il y a concurrence entre les mesures. Alors comme le recommandait un rapport récent du CERC (Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale), intitulé « un devoir national : l’insertion des jeunes sans diplôme », il serait utile de créer un poste de responsable interministériel, doté d’un véritable service dédié au sein du ministère chargé de l’emploi.

Enfin deux derniers points, pour le groupe de l’UNAF sont très sensibles, en regard de l’investissement public qui est réalisé, c’est le recrutement des volontaires, et les abandons en cours de formation.

  • Le recrutement, point très sensible, car si une culture du résultat venait à s’imposer, il est bien clair que l’on rechercherait des volontaires, certes en difficulté mais ayant déjà un peu de formation et pas trop éloignés de l’emploi. Pour l’UNAF, ce dispositif n’a de sens que s’il se tourne exclusivement vers ceux sans formation, vers un public de jeunes les plus éloignés de l’emploi. Vous le dites très bien, Madame la rapporteur, les volontaires doivent être ces jeunes qui se disent « cassés » à l’entrée dans l’Epide, et qui expriment un sentiment de reconstruction à la sortie du dispositif.
  • Enfin, un chiffre est très préoccupant, c’est celui des 41 % de jeunes qui ont abandonné ou qui ont été exclus des centres en raison de comportements incompatibles avec les règles de vie en collectivité. C’est très souvent pour cette même raison qu’ils ont été exclus de l’école d’abord, puis des organismes de formation ou de chez un employeur. Ce dispositif différent des autres par son objectif d’apprentissage ou de réapprentissage des règles de vie quotidienne peut-il exclure pour un motif qui se trouve être un des handicaps repéré à son entrée ?

Le parcours d’insertion est d’autant plus long que l’apprentissage ne part pas d’une base neuve puisque ces jeunes ont vécu des échecs qui leur laissent à penser qu’ils ne réussiront jamais. De ce fait, ils développent une peur de l’échec et des stratégies de mise en échec.
Il semble alors nécessaire de réfléchir à une aide au maintien de ces jeunes dans le dispositif. Par exemple, ces jeunes qui abandonnent ou sont exclus du centre retournent généralement voir le travailleur social, qui les a orientés vers l’EPIDe (Etablissement public d’insertion de la Défense). Un travail de médiation avec le référent de départ et celui de l’EPIDe pourrait permettre de rassurer, recadrer, et redéfinir des objectifs.

Cette médiation pourrait accompagner une possibilité de sortie provisoire du dispositif pour réaliser une action particulière comme celle de résoudre une difficulté personnelle ou familiale, afin de mieux y revenir.

En conclusion, pour le groupe de l’UNAF, le dispositif « Défense 2e chance » a toute sa place dans l’ensemble des mesures qui ont été construites dans la politique d’insertion des jeunes. Il doit être soutenu et amélioré afin qu’un maximum de jeunes qui se sont inscrits dans ce dispositif puissent enfin s’insérer durablement.

Le Groupe de l’UNAF se prononce favorablement sur l’avis.

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