UNAF - Démographie médicale : Selon la DREES pas de disparition des inégalités régionales d’ici 2030 malgré un fort relèvement du numerus clausus

Dépèche de l’agence Focus

Démographie médicale : Selon la DREES pas de disparition des inégalités régionales d’ici 2030 malgré un fort relèvement du numerus clausus

02/03/2009

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Paris (Focus)

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère de la Santé vient de publier une nouvelle étude sur l’évolution de la démographie médicale à l’horizon 2030. Des résultats qui ne laissent en rien présager une disparition des inégalités régionales à moyen et à long terme.

Avec 208 000 médecins actifs, la France a atteint en 2007 un niveau historique, niveau qui devrait baisser de 10% au cours des dix prochaines années. Selon le scénario “tendanciel” élaboré par la DREES, avec un fort relèvement du numerus clausus (7 400 en 2009, 8 000 en 2011), le nombre de médecins en activité ne retrouverait son niveau actuel qu’en… 2030 ! Mais avec une baisse de plus de 10% de la densité médicale et une population médicale rajeunie, plus féminisée et moins exclusivement libérale.

La question des déserts médicaux resterait d’actualité selon la DRESS qui pointe toujours le problème. "Les inégalités régionales en matière de densité médicale seraient aussi marquées en 2030 qu’en 2006, précise-t-elle. Certaines régions seraient donc toujours mieux dotées en médecins que d’autres”. Mais ce ne seraient pas nécessairement les mêmes. Ainsi, en 2030, selon la DREES, l’Ile-de-France et la région PACA ne devraient plus se distinguer par des densités médicales aussi élevées alors que des régions comme la Bretagne, la Franche-Comté, le Poitou-Charentes et le Limousin devaient être mieux dotées qu’aujourd’hui.

Cette nouvelle étude souligne “le danger qu’il y aurait à focaliser l’attention sur l’actuelle répartition des médecins sur le territoire national” et pose en fait la question “d’anticiper longtemps à l’avance” les besoins, compte tenu de l’inertie de certaines évolutions démographiques et de la longueur des études médicales.

Et c’ est bien dans cette perspective que le projet de loi “Hôpital, patients, santé et territoires“ prévoit de déterminer le numerus clausus, au niveau régional et d’une manière pluriannuelle en s’appuyant sur les prévisions des comités régionaux de l’Observatoire national des professions de santé (ONDPS). Une mesure que Roselyne Bachelot a présentée comme devant être “à cynétique rapide” lors de son audition devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 4 février dernier.

Cette disposition sera l’une des premières que les députés examineront, dès la reprise des travaux parlementaires, le 2 mars prochain. Mais nombre de députés, dans la majorité comme dans l’opposition, estime que cela ne sera pas suffisant pour renverser la tendance actuelle.

PP/PP/HB - Copyright Agence Focus

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