UNAF - Les débats au Conseil Economique Social Environnemental : L’éducation civique à l’école

CESE

Les débats au Conseil Economique Social Environnemental : L’éducation civique à l’école

27/04/2009

Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en Assemblée plénière les 21 et 22 avril 2009. A l’ordre du jour de la session, était inscrite la question suivante :

  • L’éducation civique à l’école, rapporteur M. Alain-Gérard SLAMA, au nom de la section des Affaires sociales.

DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Comment repenser l’éducation civique à l’école ?

Face à la double crise actuelle de la citoyenneté et de l’école, l’avis montre fort justement comment notre héritage historique national peut aider aujourd’hui à mieux éduquer nos enfants aux principes fondant notre société.

L’éducation civique « à la française » repose à la fois sur les valeurs morales républicaines et sur une approche humaniste. Car il s’agit d’abord de construire l’enfant pour lui-même, et à partir de là seulement d’édifier notre société. La première proposition de l’avis insiste sur la nécessité d’une éducation civique dès la maternelle. De même, l’éducation civique ne doit pas faire l’objet d’un enseignement spécifique mais doit avoir une dimension transversale. Le Groupe de l’UNAF souscrit pleinement à ces recommandations.

Alors que la réflexion aurait pu être prolongée sur d’autres éléments de l’avis, le Groupe de l’UNAF s’est limité au développement de quelques unes des pistes prometteuses de l’avis.

D’abord, merci pour le rappel important selon lequel « la famille est le premier lieu de l’apprentissage de la vie collective et de la solidarité ».
L’avis présente ainsi un juste équilibre entre les rôles de la famille et de l’école.

Le Groupe de l’UNAF insiste sur la nécessité d’une véritable reconnaissance des familles dans l’école, encore trop insuffisante comme le souligne l’avis. Car si la famille, aujourd’hui davantage préoccupée par l’affectif et le singulier, a parfois du mal à préparer la socialisation de l’enfant dans cette institution égalitaire qu’est l’école, il est important que l’enfant ait le sentiment que la famille et l’école œuvrent dans le même sens, et entretiennent des contacts réguliers. La participation parentale à la création d’un milieu d’apprentissage efficace ou à la mise en œuvre de changements fructueux dans les écoles est primordiale.

C’est notamment la raison pour laquelle l’UNAF approuve les orientations de la nouvelle convention d’objectifs et de gestion pour 2009-2012 entre la CNAF et l’Etat, qui comprend notamment une mission de soutien à la fonction parentale et le renforcement du lien entre les familles et l’école par différentes initiatives.

Une attention particulière doit être portée également aux Réseaux d’Ecoute, d’Appui et d’Accompagnement des parents (REAAP), dont l’objectif est d’accompagner les parents dans leurs fonctions éducatives.
En second lieu, le groupe de l’UNAF soutient la proposition visant à encourager, à côté de l’école, l’existence des mouvements de jeunes et d’éducation populaire, comme le scoutisme.

Ils offrent un autre lieu d’apprentissage de la vie en groupe et développent la prise d’initiatives et de responsabilité. En tout cela, ils participent à l’éducation civique de nos enfants.

Le groupe de l’UNAF est également sensible à l’idée de « développer une pédagogie ancrée sur la vie » en permettant à l’enfant d’interroger la nécessité de tel ou tel comportement en société, pour le fonder en raison. C’est ainsi que le Professeur Meirieu a plaidé lors de son audition pour un enseignement du droit, dès le plus jeune âge, qui parte d’une approche anthropologique.

Car l’éducation civique ne peut être une leçon de morale ou de droit constitutionnel mais sera bien plus efficace pédagogiquement en faisant un détour par les grandes œuvres de l’humanité, littéraires et picturales notamment, par conséquent sous forme d’un enseignement transversal comme l’a démontré magistralement Luc Ferry.

Enfin, l’UNAF rejoint l’avis sur les moyens de lutter contre les effets des abus des médias que sont la télévision, internet et les jeux électroniques et dont vous soulignez la rude concurrence qu’ils font à l’enseignement scolaire comme à l’éducation parentale. Toutefois il nous semble essentiel de pousser plus loin la compréhension critique de ces nouveaux phénomènes pour tirer le meilleur parti de ces technologies comme nouveaux outils pédagogiques et faire émerger ainsi de nouveaux usages sans pour autant en nier les dangers.

Nous pensons notamment au projet européen eMapps soutenu par la Commission européenne qui vise à développer des jeux interactifs à destination des enfants de 9 à 12 ans pour leur faire acquérir de manière ludique dans le cadre scolaire des notions touchant à l’histoire, à la géographie, et pourquoi pas demain au droit et à l’éducation civique !

Le Groupe de l’UNAF a voté l’avis.

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