UNAF - Les débats au Conseil Economique Social et Environnemental : message culturel de la France / L’offre de santé dans les collectivités ultramarines

CESE

Les débats au Conseil Economique Social et Environnemental : message culturel de la France / L’offre de santé dans les collectivités ultramarines


29/06/2009

Le Conseil Économique, Social et Environnemental, s’est réuni en assemblée plénière les 23 et 24 juin 2009. A l’ordre du jour de la session étaient inscrites les questions suivantes :

  • Le message culturel de la France et la vocation interculturelle de la francophonie, rapporteure Mme Julia Kristeva-Joyaux au nom de la section des Relations extérieures,
  • L’offre de santé dans les collectivités ultramarines, rapporteure Mme Jacqueline André-Cormier au nom de la section des Affaires sociales.

Le message culturel de la France et la vocation interculturelle de la francophonie – DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

L’avis présenté a le mérite de nous obliger à un sursaut dans la défense de la francophonie, francophonie qui paradoxalement est plus portée par les pays amis et francophones que par les français eux-mêmes. Le Groupe de l’UNAF vous en remercie.

Il dresse un état des lieux quasi-exhaustif de cette question éminemment importante pour notre avenir commun. Le Groupe de l’UNAF souhaite insister sur certains aspects essentiels pour mieux enraciner la francophonie dans un monde globalisé.

Le nombre de langues parlées dans l’Union Européenne a doublé à la suite des deux derniers élargissements. On constate la montée de fait du monolinguisme tout anglais en dépit des positions officielles de la commission européenne pour un multilinguisme difficilement applicable, il faut le dire, dans la pratique et terriblement coûteux.

L’UNAF, au nom des familles, soucieuse de l’avenir de leurs enfants et de l’insertion de ceux-ci dans l’espace européen et mondial, suggère que d’une manière concertée en Europe l’enseignement des langues se fasse sur la base d’un trilinguisme dès l’enseignement primaire. A l’enseignement de la langue nationale du pays dans lequel on est installé, devrait s’ajouter celui de deux langues « pivots » : l’anglais représentant la famille des langues saxonnes et germaniques et le français celle d’origine latine. D’une manière plus générale, il faut donner à chacun une langue non seulement pour communiquer mais aussi pour s’exprimer et partager avec d’autres les valeurs communes de la société dans laquelle il vit.

Dans cet esprit, l’UNAF tient à rappeler la nécessité de renfoncer les moyens d’acquisition du français proposé à ceux, qui veulent s’installer durablement dans notre pays et de soutenir les associations qui les proposent. A travers l’accès à une pratique indispensable de la langue française, c’est aussi la connaissance des valeurs sociales et civiques qu’elle véhicule qui permettra l’intégration.

Par ailleurs, se « jouent » aussi à travers la langue, des conceptions du droit et de l’organisation des sociétés. Emmanuel TODD, en anthropologue, souligne qu’à partir de là s’explique des différences dans les structures sociales et la diversité des voies d’accès à la démocratie et au droit. En matière de politique sociale par exemple, l’approche anglo-saxonne est marquée par l’autonomie de la personne et le respect de sa liberté alors que l’approche plus latine véhiculée notamment par la francophonie fait place à l’égalité, à la solidarité entre les personnes, à la dimension familiale et intergénérationnelle.

Ces différentes approches imprègnent les conceptions politiques en matière d’éducation des enfants, de politique familiale, de soutien à la parentalité, de médiation familiale et nécessitent une concertation européenne dans ces domaines comme l’a manifesté le récent colloque européen sur la médiation familiale organisé au Conseil économique, social et environnemental, les 11 et 12 juin derniers.

Ce message « culturel » de la francophonie peut lui permettre de se placer en pont entre les approches anglo-saxonnes et le monde méditerranéen et constitue pour notre pays un des enjeux de son implication dans l’EuroMéditerranée.

L’UNAF a aussi le souci de la transmission ; la transmission « fait famille » sur la base de racines communes. Le continent européen a été façonné par les héritiers d’Athènes et de Rome, il est judicieux de sauvegarder ces racines culturelles en favorisant la francophonie sous peine de transmettre à nos descendants un monde qu’ils ne pourront plus comprendre.

La vocation interculturelle de la francophonie et la défense de ses moyens et de ses objectifs sont une part inséparable de nous-mêmes et une originalité à promouvoir. L’avis propose un certain nombre de moyens pour y parvenir, c’est pourquoi, l’UNAF a voté l’avis.

L’offre de santé dans les collectivités ultramarines - DECLARATION ECRITE DU GROUPE DE L’UNAF (annexée au Journal Officiel)

Le Groupe de l’UNAF rend hommage au rapporteur pour ce constat, dressé sans concession, avec précision et exhaustivité, de la situation sanitaire de chaque territoire, de chaque île, jusqu’aux plus éloignés de la métropole. Il le remercie pour avoir été au bout de ce travail exigeant et ambitieux, absolument nécessaire pour éclairer les décideurs. Le Groupe de l’UNAF soutient dans leur très grande majorité les propositions présentées dans l’avis.

Ainsi, le Groupe de l’UNAF se retrouve dans toutes les voies d’amélioration communes à plusieurs collectivités.
Notamment, il faut que tout soit mis en œuvre pour développer la télémédecine. Si cela représente des investissements d’envergure en matière d’infrastructures, à commencer par le développement du très haut débit et des liaisons satellites, il faut voir quelle optimisation des ressources la télémédecine engendrera. Depuis longtemps déjà, l’éclatement géographique des collectivités d’Outre-Mer aurait du nous positionner à la pointe de cette technologie. Outre que le territoire métropolitain pourrait aussi en bénéficier, il s’agit avant tout pour l’Etat de « garantir un accès effectif aux soins sur l’ensemble du territoire », comme le pose en préalable la loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie, qui insiste aussi sur « la répartition territoriale homogène de cette offre ».

Par ailleurs, l’avis insiste, sur l’absolue nécessité de développer la prévention et l’éducation à la santé. Le Groupe de l’UNAF remarque néanmoins que cette proposition est principalement orientée vers les institutions en charge de la prévention et de l’éducation à la santé. Or les familles ont aussi leur rôle à jouer ici, et il convient donc de rechercher leur engagement dans ce domaine, au risque sinon de mettre en péril l’efficacité des mesures d’incitation prises. Une éducation à la santé efficiente ne peut se faire qu’avec la participation de chacun et l’appropriation par chacun de l’objectif de maintenir son capital santé.

En second lieu, l’UNAF est particulièrement sensible à ce que les mêmes droits existent dans les collectivités ultramarines, à titre d’exemple à Saint-Martin, les retards pris dans l’ouverture des droits, le non versement des indemnités journalières et le non remboursement des prestations en nature par la Caisse Générale de Sécurité Sociale de la Guadeloupe sont inadmissibles. Ils éloignent toujours davantage les populations les plus exposées et les plus démunies du droit d’accès effectif aux soins, pourtant garanti – répétons-le – par la loi. Une attention particulière doit donc être portée aux moyens dévolus pour l’attribution des droits et la gestion des prestations avec un suivi des objectifs à atteindre pour revenir à une situation de droit commun.

Le Groupe de l’UNAF est attachée à l’amélioration de la situation faite aux femmes. Par exemple, pour Saint-Barthélemy, l’avis attire l’attention sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des femmes enceintes obligées de se rendre à Saint-Martin ; de même pour les femmes Polynésiennes des archipels éloignés qui doivent être évacuées vers Tahiti durant deux longs mois loin de leur famille. L’avis alerte également sur les violences faites aux femmes à la Réunion, en soulignant les efforts faits par l’Etat et la collectivité pour les endiguer. En tant que représentants des familles, nous sommes tout à fait reconnaissants d’avoir souligné la situation de ces populations fragiles.

Enfin, le Groupe de l’UNAF reconnaît un grand mérite aux préconisations de cet avis. S’il rappelle qu’en métropole comme en Outre-mer chaque citoyen a les mêmes droits, cela doit se faire dans le respect d’un équilibre dans les moyens à trouver pour les garantir, en recherchant les adaptations nécessaires pour y parvenir. En somme, l’avis préconise la recherche du niveau pertinent d’action publique pour l’intervention la plus juste, selon le double mouvement du principe de subsidiarité et du principe de suppléance. Le Groupe de l’UNAF soutient la méthode qui repose sur la mutualisation et l’échange de bonnes pratiques et a voté l’avis.

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