UNAF - Le 23 septembre 2009 : une journée pour avancer des propositions contre l’échec scolaire

2e Journée du refus de l’échec scolaire

Le 23 septembre 2009 : une journée pour avancer des propositions contre l’échec scolaire

13/07/2009

Illustration article

L’UNAF participera à la 2e journée du refus de l’échec scolaire qui aura lieu le 23 septembre 2009, en présence du parrain de l’opération, Monsieur François Dubet. Des « marques-pages » seront édités avec le logo de l’UNAF et distribués largement afin de faire connaître cette journée, centrée cette année sur le passage au collège et d’affirmer la volonté du mouvement familial de s’associer à ce combat.
Témoignages, vidéos, initiatives : toutes les infos sur cette Journée sur le site http://www.afev.org/

D’ores et déjà, retrouvez une interview très intéressante de François Dubet, parrain de l’opération, sociologue, professeur à l’université Victor Segalen Bordeaux 2, Directeur d’études à l’école des Hautes Études en Sciences Sociales et membre de l’Institut Universitaire de France. : Y accéder
Il a en également réalisé, depuis une trentaine d’années, une série de recherches marquantes portant sur les mouvements sociaux, la marginalité, la ville, l’école, le travail et la théorie sociologique.

Quelques éléments phares de l’interview de François Dubet :

"Il y a une grande rupture entre l’école élémentaire et le collège. Cette rupture n’est pas a priori une mauvaise chose : pour grandir, il faut franchir des étapes... Les bonnes ruptures sont celles que l’on arrive à franchir ; les mauvaises, celles que l’on n’arrive pas à franchir... Mais le principe même d’une différence entre primaire et collège n’est pas en soi condamnable.

Le monde de l’école élémentaire on le connaît : c’est un maître, qui s’occupe de vous, qui vous connaît comme élève mais aussi comme enfant - c’est très important. C’est aussi l’heure des mamans, le temps d’une relative insouciance enfantine...

Je crois que l’enjeu n’est peut-être pas tant de supprimer le saut qu’il y a entre l’école élémentaire et le collège, mais peut-être de l’aménager. Est-il vraiment nécessaire qu’il y ait dix enseignants par classe ? Est-il vraiment nécessaire qu’il n’y ait pas une phase intermédiaire où l’on garde des façons de faire de l’école élémentaire ?

Quand on a ouvert le collège à tous, on a pensé à une foule de choses... Mais pas au fait que, quand tout le monde irait au collège, l’adolescence, dans ce qu’elle a de plus pénible ou de plus charmant, de plus boutonneux ou de plus poétique... y rentrerait massivement aussi ! Pendant très longtemps, avec le système de sélection, les bons élèves qui faisaient des études longues, étaient priés de laisser leur adolescence à l’extérieur. En plus pour les y aider, les sexes étaient séparés.

Dans cette épreuve scolaire qu’est le collège, se joue une épreuve personnelle : vous entrez, vous êtes un petit garçon ou une petite fille, vous sortez, vous êtes un jeune homme ou une jeune fille, vous avez pris 20 cm et 20 kg... Et souvent le monde scolaire français est très mal à l’aise avec cela : la tradition y est que l’on s’adresse à des élèves, non à des adolescents. Et au fond, cette adolescence, d’autant plus active que garçons et filles sont ensemble, crée du désordre scolaire.

Le collège n’est pas la catastrophe que l’on décrit, notamment ceux qui veulent remettre en cause le collège unique. Mais de toute évidence, les élèves n’y sont pas très heureux, les enseignants non plus, et les résultats ne sont pas formidables. Il y a quand même motif à agir !

Je crois qu’il y aurait des choses à faire. D’abord, affirmer très clairement les objectifs du collège comme des objectifs de culture commune. Il faudrait que le collège, comme il l’est dans les pays scandinaves, ne soit pas sélectif du tout, que l’on garde ensemble tous les élèves. La sélection commencera après, quand l’école cesse d’être obligatoire. Quand vous ne sélectionnez pas les élèves en amont, ils sont divers. Et donc vous aurez toujours des bons, des mauvais, des gentils, des moins gentils, des grands, des petits, des beaux, des moches... Il faut arrêter cette idée de sélection !

Je crois aussi qu’il ne faut plus que la culture commune du collège soit définie par la filière générale du lycée. La moitié des élèves qui quittent le collège vont faire soit un bac technique, soit une filière professionnelle. Il est quand même incroyable que rien de cette culture ne soit enseigné au collège ! Une vraie culture commune, doit être destinée à ceux qui, demain, seront des travailleurs manuels ou techniques, comme à ceux qui seront demain des cadres. Or, le vrai modèle du collège c’est quand même celui d’une culture principalement orientée vers la formation d’une élite. On peut penser en outre qu’un grand nombre d’élèves serait intéressé par la découverte de domaines où ils seraient amenés à exercer plus tard.

Il y a un second enjeu : notre capacité de faire des établissements des endroits éducatifs, des endroits accueillants. Éducatif, cela ne veut pas dire du tout « baba cool » : cela veut dire des établissements dans lesquels la vie collective a une fonction éducative, dans lesquels on apprend à vivre avec les autres, des établissements où être gentil, serviable , coopératif avec les autres est une vertu, reconnue scolairement. C’est une notion très difficile à faire passer : tant que le métier d’enseignant sera défini uniquement autour de la transmission d’un savoir reposant sur la maîtrise disciplinaire du maître, les établissements scolaires ne seront pas des espaces éducatifs.

On pourrait imaginer que l’école ne se donne pas pour unique objectif de fabriquer des gens savants : elle pourrait fabriquer des citoyens confiants, épanouis, heureux, coopératifs... Ce ne sont pas des voeux pieux : cette image d’une école plus accueillante prend à rebrousse poil un grand nombre de réflexes de notre système éducatif."

Plus d’infos sur site.

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