UNAF - Rapport Stiglitz : après 60 ans d’efforts, l’UNAF entendue !

Indicateurs

Rapport Stiglitz : après 60 ans d’efforts, l’UNAF entendue !

21/09/2009

Ce n’est pas sans un enthousiasme raisonné que nous pouvons saluer la parution du « Rapport Stiglitz », sur la mesure de la performance économique et du progrès social. Il démontre en effet la pertinence de ce que réclament depuis plus de soixante ans les responsables associatifs familiaux : les critères économiques et financiers, pour indispensables qu’ils soient, ne suffisent pas à construire, évaluer, corriger une politique, dont l’Homme est la finalité.

Le Président de la République a apporté un soutien particulièrement énergique à ce constat. L’UNAF doit s’y appuyer pour que l’on donne aux représentants familiaux la place qui leur revient dans l’élaboration des indicateurs destinés à mesurer plus précisément la réalité des situations vécues par les familles.


Comme le rappellent les responsables associatifs familiaux depuis plus de soixante ans, la finalité de toute politique est l’Homme, non l’économie. Les informations économiques et financières, pour essentielles qu’elles soient, ne suffisent pas à mesurer ni à donner idée de la diversité des situations des familles ni de leur bien-être.

Le rapport Stiglitz montre, illustrations à l’appui, que les instruments de mesure actuels, au centre desquels figure le PIB (produit intérieur brut), sont insuffisants pour remplir correctement leur objectif : éclairer le pouvoir politique pour lui permettre de décider, mais aussi apporter aux organisations de la société civile, telles que l’UNAF, de nouveaux outils de compréhension et d’analyse.

Or la manière dont les indicateurs actuels sont calculés et utilisés peut conduire dans certains cas (utilisateurs non avertis) à tirer des conclusions aberrantes. Ainsi, un embouteillage en grande agglomération constitue-t-il un magnifique pic de consommation de carburant, donc un « plus » pour le PIB, si l’on ne sait pas le compléter pour l’interpréter correctement !...

Non seulement il faut mesurer plus intelligemment l’activité économique, mais il est indispensable de combler les carences des données sociales, relatives au bien-être de la population.

Le « Rapport Stiglitz » appelle à distinguer entre évaluation du bien-être présent, et évaluation de sa « soutenabilité », c’est à dire de sa capacité à se maintenir dans le temps (les stocks de capital qui importent pour notre vie - humain, naturel, physique, social – seront-ils ou non transmis aux générations à venir ?).

Il émet douze recommandations pour compléter l’élaboration et l’utilisation des instruments de mesure, parmi lesquelles nous retiendrons plus particulièrement les éléments suivants :

  • Mettre l’accent sur la perspective des ménages. En effet, les données « moyennes » masquent souvent des disparités lourdes de situation. L’UNAF le dénonçait notamment début 2007, lorsque l’écart entre la moyenne de variation des prix mesurée par l’indice de l’INSEE s’écartait par trop du ressenti de certaines catégories de familles : l’UNAF dénonçait alors le mauvais usage fait d’un excellent instrument, qui revenait à vouloir lui faire dire plus qu’il n’était conçu pour le faire.
  • Prendre en compte le patrimoine en même temps que les revenus et la consommation, et accorder davantage d’importance à la répartition des revenus, de la consommation et des richesses (le calcul d’une moyenne doit être complété d’indications sur les écarts par rapport à cette moyenne : les pouvoirs publics doivent mesurer la situation des personnes et des familles non seulement selon une moyenne, mais aussi en fonction de la catégorie dont ils relèvent). Ainsi, sur une même période, alors que le pouvoir d’achat moyen des ménages a augmenté, celui de certaines catégories de familles a bel et bien subi une dégradation.
  • Élargir les indicateurs de revenus aux activités non marchandes (par exemple, services que les ménages se rendent à eux-mêmes, mais qu’il faut de plus en plus souvent acheter).
  • Améliorer sérieusement la mesure de la qualité de la vie, qui dépend de facteurs encore insuffisamment ou mal mesurés : santé, éducation, activités personnelles, conditions environnementales, en mettant un accent particulier sur relations sociales, participation à la vie politique, et insécurité.
  • Les indicateurs de la qualité de la vie devraient, dans toutes les dimensions qu’ils recouvrent, fournir une évaluation exhaustive et globale des inégalités.

L’UNAF ne peut manquer d’apprécier l’impulsion qui est ainsi donnée à la création des instruments indispensables à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques modernes de la famille et du développement durable.

@ : jldubelloy unaf.fr

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