UNAF - Services publics locaux et gestion déléguée : le jugement partagé des usagers

Enquête sur les services publics

Services publics locaux et gestion déléguée : le jugement partagé des usagers

15/11/2004

L’institut de la gestion déléguée et l’institut de sondage BVA viennent de rendre publiques les dernières données du baromètre sur les services publics locaux et la gestion déléguée.

L’analyse des résultats de satisfaction montre :

  • que si les usagers sont de plus en plus satisfaits par les services publics locaux en 2004 qu’il ne l’étaient en 2001, les résultats sont encore en retrait de ceux observés en 1997. En effet, si 83 % des usagers sont « plutôt » ou « très satisfaits » en 2004 contre 84 % en 1997, ils ne sont que 10 % de « très satisfaits » en 2004 contre 16 % en 1997.
  • que cette satisfaction globale recouvre de fortes disparités selon les services considérés. Ainsi, les services de l’électricité et de l’eau bénéficient d’une côte de popularité très forte, avec plus de 90 % de satisfaits. A l’inverse, la gestion des parcs de stationnement ou des cantines scolaires apparaissent moins satisfaisants pour les usagers (de l’ordre de 35 % de satisfaction). Notons que cette échelle de satisfaction reproduit quasiment à l’identique les services auxquels les usagers attachent le plus d’importance sans qu’il soit possible d’explorer plus avant les liens de causalité.

La gestion des services publics locaux relève de deux approches “concurrentes“ , gestion directe ou gestion déléguée.

Il apparaît au regard du sondage :

  • une très grande méconnaissance par les usagers des disctinctions entre ces deux modes de gestion puisque seulement moins de 25 % des usagers interrogés sont en mesure de définir au moins partiellement ces deux mécanismes de gestion des SPL.
  • qu’une fois expliquée, la gestion déléguée est assez largement soutenue dans son principe, à près de 65%. Pour autant, cet a priori favorable cache une réalité tout autre dans la mesure où 55 % des usagers interrogés demeurent favorables à la gestion directe des services publics locaux. De fortes différences persistent à nouveau entre les services. Ainsi, la collecte des déchets, l’eau et les transports bénéficient d’un a priori plus favorable pour une gestion déléguée.
  • que le principal motif justifiant d’une méfiance envers la gestion déléguée, en plus de la méconnaissance du dispositif, est le prix jugé plus cher. Pourtant, la gestion déléguée est aussi perçue comme plus professionnelle, rentable et efficace que la gestion directe. Cette opposition traduit l’attachement des familles aux valeurs des services publics que la gestion déléguée semble moins à même de satisfaire. Ainsi, pour les usagers, un prix plus élevé serait mieux accepté s’il contribue à garantir l’accès de tous y compris par des dispositif d’aides (31% ) à un service de qualité uniforme sur tout le territoire (35%) et respectueux de l’environnement (30%). Cet attachement se retrouve dans les modalités de financement des services publics locaux, le financement par l’impôt demeurant plébiscité à près de 60%. Dans le même esprit, les personnes interrogées se sentent avant tout contribuables ou citoyens (à 56 %) , bien plus que clients (22%) ou simplement usager (20%).
  • que le rapport des usagers à la concurrence demeure relativement complexe et ambigu : si la concurrence entre ces deux modes de gestion est jugée comme favorable par 53 % des usagers, près de 40 d’entre eux sont favorables à une concurrence limitée.
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