Les grands principes de la politique familiale

Partagez-vous cette analyse de l’UNAF sur les clés de réussite d’une politique familiale ?

Réponses des candidats

Défendrez-vous les principes mentionnés : universalité, liberté de choix, pérennité ?

Réponses des candidats

La politique familiale est un ensemble cohérent composé :

  • d’allocations et de mesures fiscales pour compenser les
    charges liées à la présence d’enfants,
  • de mesures de conciliation entre la vie familiale et la vie
    professionnelle,
  • de mesures de soutien à la fonction parentale,
  • ainsi que d’un droit de la famille qui garantit une protection
    aux projets familiaux et à leur réalisation.

Les principes fondamentaux sont ceux de notre système
de protection sociale par répartition : universalité, liberté
de choix, pérennité. Ils sont les clés de la réussite de cette
politique, qui a pu progresser au-delà des crises économiques
et des alternances politiques.

"La politique familiale constitue un ensemble dans lequel les Français ont particulièrement confiance, une confiance qu’il est indispensable de conforter."

Notre pays est confronté aujourd’hui à plusieurs enjeux,
parmi lesquels nous pouvons citer :

  • le maintien de régimes de solidarité publique, complémentaires
    à la solidarité familiale ;
  • l’élaboration de politiques qui donnent confiance aux
    familles pour leur avenir ;
  • le soutien à la stabilité des familles et au renforcement
    du rôle des parents, qui sont les premiers éducateurs
    des enfants.
    Une politique familiale forte et pérenne est le meilleur moyen
    de résoudre durablement certains problèmes auxquels
    notre pays est confronté. Pour s’inscrire dans la durée, elle
    doit restaurer les investissements dans divers domaines,
    notamment de la petite enfance, de l’éducation, et dans
    celui du logement, conditions essentielles pour encourager
    les jeunes à construire une famille. A cet égard, la politique
    familiale constitue un ensemble dans lequel les Français ont
    particulièrement confiance, une confiance qu’il est indispensable
    de conforter.
    Récemment, un rapport de l’OCDE, Assurer le bien-être des
    familles
    (avril 2011), ainsi que l’avis du Comité économique
    et social européen Le rôle de la politique familiale dans le
    processus de changement démographique afin de partager
    les meilleures pratiques dans les Etats membres
    (mai 2011),
    citent ces principes comme clés de réussite d’une politique
    familiale efficace, en prenant maintes fois la France comme
    exemple.

Les réponses des candidats

Question 2.1 : Partagez-vous cette analyse de l’UNAF sur les clés de réussite d’une politique familiale ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Oui, en grande partie.

François Bayrou : 

Nous avons toutes les cartes en main pour donner, sur la base d’un certain succès de notre système, une nouvelle énergie à la politique familiale et à la natalité en France. Les contours de cette politique, initialement dessinés par le programme du Conseil National de la Résistance, constituent les valeurs qui doivent continuer à inspirer toute nouvelle mesure. Je m’engage à les conforter.

Jean-Luc Mélenchon : 

Le Front de Gauche conçoit la politique familiale en lien avec une politique pour l’égalité en droits de tous les citoyens. C’est cette approche globale qui nous pousse à considérer qu’il faut agir de façon ambitieuse en faveur de la politique de la petite enfance. Pour le Front de gauche c’est une priorité nationale. Dans notre programme « l’Humain d’abord » nous proposons (p. 28) que de « nouveaux services publics seront créés, en particulier dans le domaine de la petite enfance ». Ainsi nous répondrons aux attentes et besoins des populations et de l’intérêt généra l. Nous souhaitons qu’on distingue politiques sociale et fiscale : d’où notre hostilité à la mise sous conditions de ressources des allocations familiales.

François Hollande : 

Je me réjouis de la réussite de notre politique familiale et partage avec vous la volonté de pérenniser et d’améliorer des dispositifs qui soutiennent efficacement le désir d’enfants des Français. Je souhaite renforcer notre politique familiale, notamment en la rendant plus juste, car c’est la condition d’une égale liberté de choix. Sans justice, notre politique familiale ne saurait être largement approuvée ni s’inscrire dans le temps. Nous devons nous donner les moyens de mieux aider les familles les plus fragiles (familles nombreuses, familles aux revenus modestes, familles monoparentales), afin de lutter contre la pauvreté infantile et d’offrir une réelle égalité des chances à tous les enfants de notre pays.

Marine Le Pen : 

Oui et ceux énoncés dans votre brochure reprennent la plupart de nos propositions déclinées dans notre projet présidentiel.

Nicolas Sarkozy : 

Je partage cette analyse. Tout l’enjeu de mon action pendant ces cinq années a été de considérer la politique familiale comme un tout cohérent qui s’inscrit dans la durée.

C’est l’objet de notre politique familiale, qui fonctionne bien. Avec plus de 2 enfants par femme, notre taux de fécondité est l’un des plus élevés d’Europe et il se cumule avec un taux d’activité professionnelle des femmes bien important (85%). Il ne faut pas casser cet instrument, hérité du consensus de 1945, mais au contraire le conforter. En permettant à la France d’assurer son avenir, il constitue un atout précieux.

Question 2.2 : Défendrez-vous les principes mentionnés : universalité, liberté de choix, pérennité ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Oui

François Bayrou : 

Mon ambition pour la France passe par le renforcement des principes qui ont fait de nous un modèle en matière de politique familiale. Alors, oui, nous devrons garantir les principes d’universalité, de liberté de choix et de pérennité.

Jean-Luc Mélenchon : 

Nous continuons à demander l’instauration d’un revenu social destiné à l’enfant et au jeune, dès le premier enfant, en lieu et place des allocations familiales qui ne démarrent qu’au deuxième enfant, car nous pensons qu’il faut partir de l’enfant.

François Hollande : 

À ces trois principes, qui sont une des clés de la réussite de notre politique familiale, je rajouterai l’équité, selon moi nécessaire à la poursuite d’une politique familiale efficace. L’équité que je promeus repose sur deux principes : l’universalité et la solidarité.

Toutes les familles, quels que soient leur configuration ou leur niveau de ressources, doivent être reconnues et soutenues par la collectivité. Au-delà, je m’engage à maintenir l’ensemble des ressources qui sont aujourd’hui affectées à la politique familiale, ce qui représente un effort important mais essentiel si l’on souhaite pérenniser notre soutien aux familles.

L’équité passe aussi par une solidarité particulière envers les familles les plus modestes. C’est pourquoi nous baisserons le plafond du quotient familial de 2300 € à 2000 € ce qui permettra de financer une augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Le pouvoir d’achat de l’ARS a baissé de 10% en 5 ans : sa revalorisation permettra de soutenir le pouvoir d’achat des familles modestes à une période de l’année particulièrement tendue pour leur budget.

Marine Le Pen : 

Oui, totalement.

Nicolas Sarkozy : 

Je les défendrai comme je les ai défendus depuis cinq ans. Je garantirai l’universalité en réaffirmant le droit aux prestations familiales. Je garantirai la liberté de choix en accompagnant les parents et en agissant pour leur pouvoir d’achat. Enfin, je garantirai la pérennité de notre politique familiale en m’opposant à toute remise en cause du quotient familial.

Faits et chiffres

2,01

La fécondité est en France de 2,01 enfants par femme en 2011

2,52

C’est en France le nombre idéal d’enfants souhaité en 2006

Ce nombre est relativement stable dans le temps.