Une fiscalité juste et équitable pour les familles

Prévoyez-vous une réforme fiscale ?

Réponses des candidats

Si oui, comment la dimension familiale (situation conjugale et présence d’enfant(s)) sera-t-elle prise en compte pour chacun des impôts et prélèvements sociaux, notamment en ce qui concerne l’IR, la CSG, les impôts locaux, les éventuels « impôts verts » ?

Réponses des candidats

En particulier, en ce qui concerne l’IR :

  • Prévoyez-vous une retenue à la source ?
  • Maintiendrez-vous le quotient conjugal
    et le quotient familial ?
  • Envisagez-vous de modifier le
    montant du plafond de la somme
    des déductions fiscales ?
  • Envisagez-vous d’ajouter une (des)
    tranche(s) supplémentaire(s) ?

Réponses des candidats

Envisagez-vous d’instaurer une TVA sociale ? Si oui, selon quelles modalités ?

Réponses des candidats

L’impôt sur le revenu (IR) proprement dit ne représente plus que 2,6 % du PIB, moitié moins qu’en 1985.
C’est le taux le plus faible des pays de l’OCDE et seulement la moitié des foyers acquittent cet impôt. L’IR est le seul impôt progressif (avec l’ISF et les droits de mutation) et sa progressivité est faible du fait d’un nombre de tranches réduit et de l’existence de nombreuses niches fiscales.

Selon le rapport du député Gilles Carrez portant sur les
finances publiques (n° 2689, juin 2010), les réformes qui
se sont succédé pendant dix ans ont privé l’Etat, de près de
100 milliards d’euros de recettes fiscales.
En revanche, les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, autres
cotisations sociales) sont nettement plus élevés. En particulier
la CSG rapporte plus que l’IR, mais elle est seulement proportionnelle
et pénalise les familles puisqu’elle ne prend pas en
compte la charge familiale de la personne qui l’acquitte.

"La prise en compte des enfants dans le calcul de l’impôt, au nom du principe de la répartition de la charge fiscale entre tous les citoyens"

"L’impôt sur le revenu doit s’appliquer à tous les revenus et aux revenus de tous."

Enfin le poids des impôts locaux est important et il a
progressé : ils représentent 5,2 % du PIB, contre 4,3 %
en 2000. Ils ne prennent par ailleurs pas suffisamment en
compte la dimension familiale. La TVA, quant à elle, ignore
cette dimension et se révèle profondément injuste pour les
familles.
Ainsi, le système actuel est de moins en moins juste et équitable.

Selon l’UNAF, le recours à l’impôt sur le revenu est la
solution la plus juste. L’impôt sur le revenu doit s’appliquer
à tous les revenus et aux revenus de tous. Cet impôt est
le seul qui prenne en compte les facultés contributives
personnelles des ménages. Il est progressif et « familialisé »,
contrairement à la CSG et à la TVA. L’UNAF défend ainsi la
prise en compte des enfants dans le calcul de l’impôt, au
nom du principe de la répartition de la charge fiscale entre
tous les citoyens en raison de leurs facultés contributives, et
pas seulement en raison de leurs ressources.


Les réponses des candidats

Question 2.9 : Prévoyez-vous une réforme fiscale ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Oui

François Bayrou : 

Bien sûr ! La réforme fiscale comprendra 5 catégories de mesures :

  • un coup de rabot général de 15 % sur les niches fiscales, sur 3 ans ; je
    supprimerai aussi les niches non fondées, comme l’exonération de l’impôt sur
    le revenu des heures supplémentaires, la « niche Copé », ou la déduction
    d’intérêt au titre des emprunts pour prises de participation ;
  • ­‐ une hausse modérée de TVA affectée à la réduction du déficit budgétaire, à
    hauteur de 1 point en 2012 et, si la croissance n’est pas au rendez-vous, 1
    point en 2014 ;
  • au titre de l’équité, je rendrai l’impôt sur le revenu plus progressif, par le
    passage de la tranche de 41 % à 45 % et la création d’une tranche à 50 % pour
    les revenus supérieurs à 250 000 € par part ;
  • je transformerai l’ISF en Contribution de Solidarité sur le Patrimoine plus
    simple et transparente. Pour tout patrimoine au-dessus de 1 million d’euros,
    compte tenu des abattements actuels inchangés, un revenu théorique de 1 %
    sera intégré dans la base de l’impôt sur le revenu ; ainsi la progressivité sera
    assurée et la solidarité aussi ;
  • je mettrai en place, avec les partenaires européens, une taxe sur les
    transactions financières internationales.

Jean-Luc Mélenchon : 

Dans son programme, « L’Humain d’abord », le Front de Gauche fait de la réforme de la fiscalité une priorité parce qu’il est un levier décisif pour une « réorientation radicale de la politique économique)} et un « instrument pour rétablir une justice sociale » fortement mise à mal avec Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Aujourd’hui l’analyse de la politique familiale montre qu’elle bénéficie d’abord aux familles aisées et, dans une moindre mesure, aux familles modestes. Quant aux catégories sociales dites « moyennes", elles enregistrent les gains les plus faibles. Le surcroît moyen de revenu qu’apporte le système de prélèvements et de transferts sociaux aux familles qui ont des enfants, était en moyenne de 2 400 € par enfant et par an en 2004. Ce supplément provient pour 63 % des prestations familiales, pour 28 % de la fiscalité et pour 9 % des autres prestations (minima sociaux et aides au logement). En fait le système de redistribution dans notre pays suit une « courbe en U " en fonction des revenus des familles. Les transferts sociaux et fiscaux sont plus élevés pour les ménages modestes et très aisés en raison, pour les premiers, des allocations sous conditions de ressources. Les prestations familiales et les allocations de logement sont de plus en plus ciblées sur les familles modestes. Ainsi 27 % des prestations servies par les caisses d’allocations familiales (CAF) sont versées sous condition de ressources. S’y ajoutent les minima sociaux telle que l’allocation parent isolé (API) qui vient en aide à plus du parent célibataire en difficulté, dont l’immense majorité sont des femmes. Au bout du compte un enfant appartenant au tiers des familles les plus riches reçoit 2S % de plus du système de redistribution qu’un enfant des 5 % des familles les plus modestes et 70 % de plus qu’un enfant des classes moyennes.

Marine Le Pen : 

Oui : L’impôt n’est pas qu’un prélèvement destiné à financer les dépenses de l’Etat ou des collectivités. C’est aussi un instrument économique qui doit viser les mêmes objectifs que ceux fixés à la politique budgétaire, la politique monétaire et plus généralement l’ensemble des priorités économiques définies. C’est aussi un effort de solidarité nationale que réalisent chaque Français et chaque acteur économique ; il doit rester aussi faible que possible pour que le consentement à l’impôt demeure et que la pression fiscale ne soit pas ressentie comme un véritable fardeau. La réforme fiscale doit participer de la politique générale menée en faveur de la croissance, de l’emploi et du pouvoir d’achat des Français

Nicolas Sarkozy : 

La fiscalité ne doit pas être un outil de vengeance idéologique. C’est un instrument de justice et d’efficacité économique. Ce sont les uniques critères qui doivent prévaloir pour améliorer notre système fiscal.

Outre la création d’une fiscalité anti-délocalisation pour financer notre protection sociale sans peser quasi-exclusivement sur le travail, je souhaite que nous allions vers plus de simplicité. Notre pays souffre de la complexité des normes et nous devons les simplifier partout où c’est possible. Les niches fiscales inutiles devront être supprimées et nous devrons poursuivre leur réduction globale.

En revanche, tout ce qui soutient l’emploi et la croissance doit être maintenu, je pense notamment à la défiscalisation des heures supplémentaires, que le candidat socialiste veut supprimer, alors qu’elles bénéficient à près de 10 millions de salariés.

Question 2.10 : Si oui, comment la dimension familiale (situation conjugale et présence d’enfant(s)) sera-t-elle prise en compte pour chacun des impôts et prélèvements sociaux, notamment en ce qui concerne l’IR, la CSG, les impôts locaux, les éventuels « impôts verts » ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Le principe d’une compensation pour les ménages avec enfants à charge sera préservé et consolidé. Je suis également favorable à une modulation de la TVA sur les produits de la petite enfance.

Jean-Luc Mélenchon : 

Nous établirons une fiscalité qui redonne toute sa place à un impôt
sur le revenu réellement progressif. L’augmentation du nombre de
tranches à 14 permettra de recréer de la progressivité pour rendre
l’impôt plus juste. Nous considérons essentiel de plafonner la somme
des déductions fiscales, mais surtout il s’agit de supprimer les niches
fiscales qui profitent aux foyers fiscaux les plus riches : notamment
les réductions d’impôts pour investissement outre-mer, pour les
investissements locatifs privés, pour certaines professions à hauts
revenus (sportifs professionnels), etc.

Quant à la retenue à la source nous considérons que le dépôt d’une
déclaration des revenus en N+l demeure nécessaire pour intégrer
d’éventuels revenus complémentaires et pour prendre en compte les
dépenses pouvant donner lieu à réduction ou crédit d’impôt.

L’intérêt réel de la suppression du décalage d’un an entre la
perception des revenus et le paiement de l’impôt demeure théorique.
Surtout, le taux de prélèvement mensuel de la retenue doit être
adapté en fonction de l’évolution des données qui servent au calcul
de l’impôt (par ex., naissance ouvrant droit à demi-part ou part, ou crédit d’impôt dans un système réformé) : il faut donc soit
communiquer à l’employeur des données qu’on peut considérer
personnelles, soit demander à l’administration fiscale de
communiquer à l’employeur le nouveau taux de retenue. Autrement
dit, la simplification est toute relative, d’autant plus qu’un tel
système ne peut s’appliquer qu’aux salariés et retraités : pour
respecter le principe de l’égalité devant l’impôt, il faudrait alors
instaurer un mode de paiement mensuel pour les professions non
salariées. Les exemples étrangers montrent que la retenue à la
source n’offre pas de réelle valeur ajoutée au regard du système
actuel de mensualisation du paiement de l’impôt adopté par les 3/4
des contribuables. Dans le système de collecte actuel, le taux de
recouvrement de l’IR s’élève à 98 %. Face à un système qu i a fait ses
preuves, nous pensons donc que la retenue à la source ne
constituerait pas une avancée.

Marine Le Pen : 

Voir réponse globale 2.11

Nicolas Sarkozy : 

Contrairement à François HOLLANDE, nous ne sommes pas prêts à sacrifier les familles sur l’autel de la démagogie. Toute réforme, quelle qu’elle soit, doit prendre en compte les familles qui sont notre première richesse.

Question 2.11 : En particulier, en ce qui concerne l’IR :

  • Prévoyez-vous une retenue à la source ?
  • Maintiendrez-vous le quotient conjugal
    et le quotient familial ?
  • Envisagez-vous de modifier le
    montant du plafond de la somme
    des déductions fiscales ?
  • Envisagez-vous d’ajouter une (des)
    tranche(s) supplémentaire(s) ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

La retenue à la source est une idée intéressante, oui aux quotients conjugal et familial, réduction drastique des niches fiscales, taxation à 50 % des revenus supérieurs à 360 000 €/an.

François Bayrou : 

Non. Compte tenu de la complexité de notre système fiscal, la mise en place d’une
retenue à la source n’aurait pas d’intérêt pour le contribuable car nous sommes
incapables aujourd’hui de garantir le calcul d’un revenu « véritablement net d’impôt ».
Il y a mieux à faire en matière de fiscalité.

  • Maintiendrez-vous le quotient conjugal et le quotient familial ?
  • Oui. Je m’oppose à la suppression du quotient conjugal et familial ; il s’agirait là
    d’une mesure régressive qui serait fatale à beaucoup de familles.
  • Envisagez-vous de modifier le montant du plafond de la somme des
    déductions fiscales ?
  • Non.
  • Envisagez-vous d’ajouter une (des) tranche(s) supplémentaire(s) ?
  • Oui, comme je l’ai détaillé un peu plus haut.

Jean-Luc Mélenchon : 

Nous établirons une fiscalité qui redonne toute sa place à un impôt sur le revenu réellement progressif. L’augmentation du nombre de tranches à 14 permettra de recréer de la progressivité pour rendre l’impôt plus juste. Nous considérons essentiel de plafonner la somme des déductions fiscales, mais surtout il s’agit de supprimer les niches fiscales qui profitent aux foyers fiscaux les plus riches : notamment les réductions d’impôts pour investissement outre-mer, pour les investissements locatifs privés, pour certaines professions à hauts revenus (sportifs professionnels), etc. Quant à la retenue à la source nous considérons que le dépôt d’une déclaration des revenus en N+l demeure nécessaire pour intégrer d’éventuels revenus complémentaires et pour prendre en compte les dépenses pouvant donner lieu à réduction ou crédit d’impôt. L’intérêt réel de la suppression du décalage d’un an entre la perception des revenus et le paiement de l’impôt demeure théorique. Surtout, le taux de prélèvement mensuel de la retenue doit être adapté en fonction de l’évolution des données qui servent au calcul de l’impôt (par ex., naissance ouvrant droit à demi-part ou part, ou crédit d’impôt dans un système réformé) : il faut donc soit communiquer à l’employeur des données qu’on peut considérer personnelles, soit demander à l’administration fiscale de communiquer à l’employeur le nouveau taux de retenue. Autrement dit, la simplification est toute rel ative, d’autant plus qu’un tel système ne peut s’appliquer qu’aux salariés et retraités : pour respecter le principe de l’égalité devant l’impôt, il faudrait alors instaurer un mode de paiement mensuel pour les professions non salariées. Les exemples étra ngers montrent que la retenue à la source n’offre pas de réelle valeur ajo utée au regard du système actuel de mensualisation du paiement de l’impôt adopté par les 3/4 des contribuables. Dans le système de collecte actuel, le taux de recouvrement de l’IR s’élève à 98 %. Face à un système qu i a fait ses preuves, nous pensons donc que la retenue à la source ne constituerait pas une avancée.

François Hollande : 

En particulier, en ce qui concerne l’IR : Prévoyez-vous une retenue à la source ?
C’est une mesure qui doit être étudiée dans le cadre de la grande réforme fiscale à laquelle je souhaite m’atteler. Je commencerai par rapprocher l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée au sein d’un prélèvement progressif sur le revenu afin de simplifier le dispositif et de rendre les contributions des Français plus équitables.

Maintiendrez-vous le quotient conjugal et le quotient familial ?

Oui, sans aucun doute, car notre politique familiale est un socle collectif. Je maintiendrai l’ensemble des ressources qui lui sont actuellement affectées. Je souhaite néanmoins qu’elle soit davantage orientée vers les familles les plus fragiles. C’est pourquoi, j’abaisserai donc le plafond des quotients des familles les plus aisés, ce qui permettra de financer une augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire pour 3 millions de familles modestes jusqu’alors oubliées de cette politique familiale. Je ne supprimerai pas le quotient familial, je le rends plus juste.

Envisagez-vous de modifier le montant du plafond de la somme des déductions fiscales ?

Dans un souci de justice, je souhaite effectivement que ce plafond soit abaissé afin que les plus aisés contribuent davantage à l’effort national, dans le contexte économique difficile qui est le nôtre aujourd’hui. Ainsi, le plafond de la somme des déductions fiscales issues des niches fiscales sera abaissé à 10 000 euros par an. Un plafond spécifique sera conservé pour l’Outre-Mer

Envisagez-vous d’ajouter une (des) tranche(s) supplémentaire(s) ?

Je suis très attaché à ce que chacun contribue à l’effort national de manière équitable, en fonction de ses ressources. Le redressement de la France nécessite des efforts importants de la part de tous les Français, mais ces efforts doivent être justes. A ce titre, je porterai la tranche supérieure à 45 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent – par part - plus de 150 000 euros par an, et je créerai un taux d’imposition à 75% pour les revenus dépassant 1 million d’euros par an.

Marine Le Pen : 

S’agissant de la fiscalité des particuliers, la priorité sera de rendre plus progressif, sans l’alourdir, l’impôt sur le revenu sur les personnes physiques par la création de nouvelles tranches intermédiaires. La tranche supérieure de l’impôt sur le revenu sera portée de 46%. Ainsi, les classes moyennes paieront moins l’impôt sur le revenu, mais les foyers très aisés le paieront davantage. Nous maintiendrons quotients familial et conjugal en l’état.
La fiscalité des dividendes sera revue pour que les revenus du capital ne soient plus favorisés par rapport aux revenus du travail.

La taxe d’habitation, opaque, sera intégrée à l’impôt sur le revenu, plus juste, sous la forme d’une taxe additionnelle qui sera aussi progressive que l’impôt sur les revenus.
Un impôt progressif unique sur le patrimoine, fruit de la fusion entre la taxe foncière et l’ISF, sur des bases rénovées assurant la justice fiscale. Cela permet de supprimer la taxe foncière actuelle, fondée sur des bases injustes datant de 1970. L’ISF est donc intégré à cet impôt unique et correspond à une surtaxe respectant les mêmes taux qu’aujourd’hui. Cette nouvelle fiscalité remplacera donc l’ISF et la taxe foncière qui seront supprimés dans leur forme actuelle.

La TVA peut être rendue plus progressive, de manière à dégager de nouvelles recettes et à répondre à l’objectif prioritaire de justice fiscale. D’une part, les produits de première nécessité doivent continuer à bénéficier du taux réduit de TVA à 5,5 %. D’autre part, sera institué un taux de TVA majoré pour les produits de luxe (berlines, joaillerie et cosmétique de luxe entre autres exemples).

Notre Code Général des Impôts est devenu totalement illisible. Sa complexité est encore accrue par la multiplication des impôts nouveaux créés depuis 2007, à un rythme désormais frénétique.
Il est donc devenu nécessaire de simplifier cet ensemble archaïque, en le réécrivant. Il s’agit d’ailleurs là du seul domaine dans lequel aucune codification nouvelle n’a été entamée à ce jour. Ce travail permettra de simplifier notre fiscalité en supprimant de vieux impôts devenus totalement improductifs, ou des abattements qui ne bénéficient plus à personne.
Une fois le nouveau Code promulgué, une réforme constitutionnelle interdira de créer un nouvel impôt, national ou local, sauf à passer par une loi organique. Ces lois sont soumises à une procédure parlementaire plus lourde et donc plus dissuasive.

Outre l’intégration de la taxe d’habitation à l’IRPP, plusieurs mesures permettront de simplifier le système fiscal français.
Les niches fiscales et sociales qui ne contribuent pas efficacement à la croissance ou qui sont injustes devront être supprimées ou modifiées.
La niche dite « niche Copé », devra être supprimée, alors qu’elle coûte 3,5 milliards d’euros par an au budget de l’Etat, sans résultat probant pour l’emploi et la croissance. Actuellement, cette niche prévoit que les plus-values sur cession de titres de participations sont à 90% exonérées alors que la charge d’intérêts est 100% déductible.
De même, l’exonération des dividendes de filiales dont bénéficient les grands groupes devra être atténuée lorsqu’elle est permet une optimisation excessive.
Nous procèderons par ailleurs à une suppression progressive sur le quinquennat des taxes et impôts dont le rendement fiscal est inférieur à 50 millions d’euros par an, sauf lorsque la seule étroitesse de la taxation justifie le faible rendement.
De plus, nous procéderons à l’annulation des conventions fiscales avec tous les paradis fiscaux.

Nicolas Sarkozy : 

A l’inverse du candidat socialiste, je ne considère pas que les enfants soient des niches fiscales. Je maintiendrai donc le quotient familial qui est déjà plafonné à un niveau qui est sans rapport avec le coût d’éducation d’un enfant. C’est un pilier de notre modèle social, depuis 1945.

La retenue à la source est une fausse bonne idée car elle a des coûts de gestion importants. De plus, la plupart des contribuables sont déjà mensualisés. Outre la justice fiscale, nous avons besoin d’efficacité et de stabilité : les règles ne peuvent pas changer tous les ans.

Question 2.12 : Envisagez-vous d’instaurer une TVA sociale ? Si oui, selon quelles modalités ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Non, mais comme je vous l’ai indiqué, il faudra trouver le moyen ces prochaines années de faire contribuer les importations au financement de la protection sociale et d’alléger les charges qui pèsent sur la production en France, tout en empêchant tout dérapage de l’inflation.

François Bayrou : 

Il n’y aura pas de TVA sociale dont l’impact sur les revenus serait trop brutal. Mais nous devrons augmenter la TVA de manière modérée afin de réduire notre déficit budgétaire : à hauteur de 1 point en 2012 et, si la croissance n’est pas au rendez-vous, 1 point en 2014. Une hausse modérée est souvent absorbée par le circuit commercial et de distribution ; deux points de TVA peuvent n’entraîner qu’un point d’augmentation du coût de la vie.

Jean-Luc Mélenchon : 

Le Front de gauche est opposé à toute idée de « TVA sociale ». Car l’augmentation du taux principal de la TVA de 19,6 % à 21,2 %, n’est rien d’autre qu’un plan d’austérité déguisé qui représente 11 milliards d’€ pris aux salariés. Cette cure d’austérité se sont les salariés qui vont la payer (85 % du total alors que les détenteurs de capital payeront 15 %). La hausse de la TVA est censée compenser l’exemption des cotisations sociales patronales à hauteur de 13 milliards d’€ ; mais ces 13 milliards d’€ financent la branche famille de la Sécurité sociale. Ils appartiennent donc déjà aux salariés. En quelque sorte, la droite sarkozyste, par l’ intermédiaire de cette TVA qui n’a rien de sociale, dépossède les salariés de 24 milliards d’€ : les 13 milliards de cotisations sociales qui ne leur sont plus données, et les 11 milliards de TVA qui leur sont pris. Par contre, comme le signifie le sigle TVA « Tout Va Augmenter ». C’est donc une attaque frontale et une ponction très grave contre le pouvoir d’achat populaire. Faut-il rappeler que la TVA frappe plus fortement les petites payes ? D’ailleurs Sarkozy s’est pris les pieds dans le tapis à ce sujet. II a répété qu’il ne croyait pas à une répercussion de la hausse de la TVA sur les prix. Mais dans le même temps, il a dit son espoir de voir son annonce déclencher des achats par anticipation ... avant que la hausse ne soit effective. Le Front de Gauche remettra en cause cette mesure anti-sociale.

Nathalie Arthaud : 

Par ailleurs, le passage de la TVA de 19,6 % à 21,2 % aura, s’il est appliqué, une signification brutale, à savoir une augmentation immédiate d’impôts de 11 milliards, prélevés chaque année sur tous les produits et services acquis par l’ensemble de la population, même non imposable. Ce surcoût est évalué par l’UFC-Que Choisir à 300 euros par an et par famille. Voilà comment Sarkozy entend compenser les 13 milliards qu’économiseront chaque année les patrons, et proportionnellement bien plus les grandes entreprises que les très petites, en se voyant exonérés de leurs 5,4 % de cotisations dues sur les salaires à la branche famille de la Sécurité sociale.

François Hollande : 

Non. Je récuse cette décision et je me suis engagé, si je suis élu, à supprimer ce dispositif voulu par la droite. La TVA est un impôt supplémentaire sur les familles, elle ne peut en aucun cas être sociale et elle pèse le plus sur les ménages dont les revenus sont faibles. Je rappelle qu’elle représente 14% du revenu des 10% des ménages les plus pauvres, contre 5% du revenu des plus riches. Cette baisse programmée du pouvoir d’achat entraînera une chute immédiate de la consommation, portant un nouveau coup à la croissance de la France.

Marine Le Pen : 

La TVA soit disant sociale n’est en réalité qu’une TVA patronale, et n’est rien d’autre que le 3e plan de rigueur .Qu’y a-t-il en effet de social dans le fait d’augmenter de 3 ou 4 points la TVA payée par tous, classe populaire, classe moyenne, retraitée, chômeurs, plombant ainsi un peu plus leur pouvoir d’achat pour baisser les charges patronales ?

Cette TVA patronale est un vieux projet du MEDEF qui ne bénéficiera une fois de plus qu’aux grandes entreprises, car si le coût du travail est en lourd en France c’est parce que le chômage y est énorme, à cause de leur politique et que le système de protection sociale prend en charge toute la misère du monde au lieu d’être réservé aux Français. Ce que demandent les PME/PMI c’est d’être protégées de la concurrence déloyale par des protections aux frontières.

Le seul moyen de retrouver la capacité de lutter économiquement, de se défendre c’est abandonner cette monnaie surévaluée qu’est l’euro et de mettre en place des protections douanières.

Protectionnisme économique, à travers des normes plus strictes pour les produits et les services qu’on importe en France, des quotas d’importation et des droits de douane ciblés vis-à-vis de pays qui ne respectent pas la règle du jeu.
L’enjeu est simple : comment réindustrialiser la France si on ne s’en donne pas les moyens, si on ne rompt pas avec la cause première de sa désindustrialisation : l’effacement des frontières et des protections nationales ?

Si l’Argentine et le Brésil le font, pourtant des économies plus petites que la nôtre, pourquoi la France ne pourrait-elle pas protéger ses frontières de la concurrence déloyale, et obliger les usines à venir et à revenir en France ?

Comme dans ces pays d’Amérique du Sud, dynamiques, innovants.
Un signal très clair sera donné : vous vendez en France, alors vous produisez en France !
Il faudra bien sûr remettre à plat leurs Traités européens, ceux qui nous brident et nous condamnent à l’isolement dans une politique du laisser-passer devenue parfaitement archaïque partout ailleurs dans le monde.

Nicolas Sarkozy : 

Pour poursuivre notre politique familiale, nous devons maintenir le niveau de financement actuel. Mais j’estime que ce financement ne doit pas peser exclusivement sur le coût du travail. En allégeant ce coût, nous préserverons l’emploi en France.

Mais cette réforme doit se faire à recettes équivalentes pour la politique familiale, c’est un engagement que je prends. La baisse des cotisations sociales sur le travail sera donc compensée par une augmentation de 1,6 point de TVA et de 2 points de CSG sur les revenus du patrimoine. Ce sont des recettes dynamiques, qui garantissent que les prestations familiales de la branche famille continueront à être payées et continueront à être correctement indexées.

Faits et chiffres

2,6%

L’impôt sur le revenu ne représente plus que 2,6 % du PIB

Moitié moins qu’en 1985.

100 M<sup class="typo_exposants">ds</sup>€

Les réformes qui se sont succédé pendant dix ans ont privé l’État de 100 Mds€ de recettes fiscales.