Dépendance et handicap : soutenir les solidarités familiales

Quelles mesures comptez-vous prendre concernant la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées ?

Réponses des candidats

Quelles mesures comptez-vous prendre concernant la prise en charge, tout au long de la vie, des personnes en situation de handicap ?

Réponses des candidats

Quelles actions souhaitez-vous mener pour une reconnaissance des « aidants familiaux » ? Quels dispositifs de soutien effectif vous engagez-vous à mettre en place ?

Réponses des candidats

Quels seront les financements de ces politiques ?

Réponses des candidats

La France est confrontée au vieillissement de sa population, en raison notamment de l’allongement de l’espérance de vie, ce qui pose la question de la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées. Dans ce cadre, et malgré les aides publiques, le coût de la dépendance peut s’avérer important pour la personne âgée et ses proches, notamment pour les dépenses d’hébergement. De fait, la famille est au centre du débat sur la dépendance.

De nombreuses personnes vivent en outre avec une situation
de handicap. Toutes ces personnes, et plus particulièrement
les enfants, peuvent conquérir plus d’autonomie grâce à
un soutien de la collectivité (aménagements, allocations…)
mais aussi grâce à l’accompagnement de proches, en
particulier de membres de la famille.

Dans ces contextes, la position centrale de la famille est
illustrée par l’implication des « aidants familiaux ». Les
personnes âgées, mais aussi toute personne confrontée
à une situation d’autonomie limitée, peuvent être aidées par
un proche. Malgré cette implication nécessaire, le travail des
« aidants familiaux » est aujourd’hui peu reconnu.

"La famille est au centre du débat sur la dépendance."

Ces évolutions montrent la nécessité d’un dispositif de prise
en charge qui soit à la hauteur des enjeux démographiques,
économiques et sociaux de la perte d’autonomie.
Pour l’UNAF, trois axes devraient structurer les interventions
publiques vis-à-vis de la perte d’autonomie et du handicap :

  • Sur l’exemple de la politique du handicap, la mise en place
    d’une politique du vieillissement permettant de développer
    des actions de prévention de la perte d’autonomie ;
  • l’encouragement au maintien à domicile pour les
    personnes dépendantes ou handicapées, notamment en
    favorisant l’accompagnement et le soutien des « aidants
    familiaux » ;
  • l’accroissement des financements dédiés au handicap
    et à la dépendance avec, en ce qui concerne cette dernière,
    une prise en charge publique et universelle, afin de
    réduire les restes à charge pesant sur les personnes
    âgées et leur famille.

Les réponses des candidats

Question 2.13 : Quelles mesures comptez-vous prendre concernant la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Principalement, revaloriser le métier des auxiliaires de vie et générer les moyens, grâce au retour de la croissance, d’une prise en charge humaine de nos aînés.

François Bayrou : 

Je propose de lancer un plan « Face à la dépendance » qui devra capitaliser sur l’expérience acquise et qui fera jouer tous les leviers disponibles, recherche médicale et pharmacologique, amélioration de la prise en charge dans les maisons de retraite et les hôpitaux, construction d’une offre plus abordable pour les familles, appui aux aidants et mise en oeuvre de la solidarité nationale. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de susciter une offre à meilleur coût, la plus proche possible du véritable niveau des retraites, en privilégiant, dans l’attribution des nouvelles places, les projets d’établissements qui proposent un prix de journée modéré. Il faut combiner solidarité nationale et mutualisation du risque et, à terme, inciter fortement une démarche de prévoyance associant solidarité nationale et mutualisation.

Jean-Luc Mélenchon : 

Le risque de perte d’autonomie tel que pris en charge aujourd’hui
par la Sécurité sociale à travers les régimes maladie, accidents du
travail et maladies professionnelles, famille, et vieillesse, ou bien
encore par la CNSA, est insuffisamment assuré. Nous ferons de la protection sociale un bien commun et un droit de base pour tous en
renforçant le principe de solidarité entre les générations. La perte
d’autonomie (que la droite nomme « dépendance ») sera couverte
dans le cadre de la protection sociale sans recours aux assureurs
privés, et selon les principes fondateurs de la Sécurité sociale, à
savoir que chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses
besoins. En réponse au risque d’une diminution ou d’une perte
d’autonomie, le Front de Gauche est favorable, quel que soit l’âge et
les ressources des ayants droits, à partir d’une évaluation des
besoins de la personne, à une « Prestation de compensation pour
l’autonomie ». Plus largement, il convient de permettre le maintien à
domicile lorsque cela est possible. Pour ce faire, nous favoriserons,
au niveau départemental et sur l’ensemble du territoire (rural et
urbain), la création de pôles publics de « l’autonomie » et d’un
service public de l’aide à domicile. Mais le mai ntien à domicile ne
doit pas être contraint. Il s’agit de s’assurer que les personnes qui le
souhaitent ou qui en ont besoin puissent être accueillies dans des
centres adaptés qui leur permettent de demeurer à proximité de
leurs proches qui nécessite la création du nombre de structures
nécessaires.

Enfin l’une des pertes d’autonomie dont on parle peu est bien la
question de la perte d’autonomie fin ancière. Le Front de Gauche se
prononce en faveur du rétablissement (p1S de « l’humain d’abord » :
« du droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75% du salaire de
référence) pour toutes et tous [ ... ] Aucun salarié ne touchera une
retraite inférieure au Smic ».

François Hollande : 

Mon premier objectif sera de permettre à tous ceux qui le souhaitent de rester à leur domicile. C’est ce que les Français désirent, c’est ce qui permet de prendre en compte la dignité et les attentes de la personne jusqu’au bout. Je ne nie pas la qualité des soins qui sont apportés dans les établissements. Je la connais. Mais tant que nous pouvons soutenir la personne à domicile, c’est mieux. Nous devons donc réorganiser dans chaque territoire le système de soins autour de la personne en perte d’autonomie.

J’ai dit que cette politique devait se déployer dans un cadre solidaire : je refuse de laisser à chacun le soin de recourir, ou pas, à une assurance privée.

Marine Le Pen : 

Il faut préciser au préalable la volonté d’intégrer le handicap dans une réelle politique de solidarité nationale, devant être de mission régalienne et de la responsabilité de l’Etat ; Les effets pervers de la décentralisation ont en effet accentué les inégalités entre les territoires. Depuis la création des (MDPH) et l’approche pluridisciplinaire, on assiste le plus souvent à une diminution des aides sociales et la constitution de délais parfois insoutenables, très pénalisants particulièrement pour les handicapés mentaux. Le financement partiel des équipements, le déremboursement de prestations de santé ou de médicaments condamnent un nombre inadmissible de Français handicapés à une grande précarité.

La question posée concerne également le problème de la disparition des barrières d’âge (à 60 ans) pour l’attribution de la PCH. Elle nous paraît également être une piste intéressante et humainement légitime. Toutefois on estime à plus de 8 milliards par an une telle mesure que nous ne pourrons satisfaire qu’à la suite de l’assainissement de l’économie française.

Une cinquième branche du régime général de Sécurité sociale dédiée à la dépendance doit être créée, consistant à permettre la prise en charge collective de la dépendance, sans que le système ne repose sur des mécanismes assurantiels privés.

Cette cinquième branche se verra confier la responsabilité de l’ensemble des moyens financiers et humains actuellement mis en œuvre par les départements (allocation personnalisée d’autonomie) et les établissements de santé. Elle aura pour mission principale d’améliorer les conditions de prise en charge de la perte d’autonomie et de l’hébergement en établissement médico-social. Elle sera également en charge d’évaluer scientifiquement les besoins liés à la dépendance afin d’adapter les politiques publiques et les modes de vie et d’organiser la formation à la gestion de la dépendance.

A court terme, le reste à charge des personnes dépendantes sera diminué pour permettre à tous de vivre dans la dignité.

Une analyse approfondie des besoins liés à la dépendance dans tous les domaines (santé et médecine, urbanisme, architecture, ergonomie, équipements, accès aux services publics, etc.) devra parallèlement être engagée pour être en mesure, à moyen terme, d’adapter les politiques aux évolutions démographiques.

L’ensemble des professionnels concernés et les aidants familiaux de personnes dépendantes doivent par ailleurs pouvoir bénéficier de formations spécifiques.

Le financement des dépenses supplémentaires de la nouvelle branche de la sécurité sociale ne doit pas reposer sur les salariés, afin de ne pas pénaliser l’emploi, ni sur des retraités déjà largement précarisés et oubliés par le pouvoir.

Une conférence du financement de la dépendance pourrait être convoquée afin d’examiner le financement provenant de trois sources principales :

  • Un vaste plan d’économies
  • Les recettes issues des droits de douane
  • Une plus grande taxation des revenus du capital

Nicolas Sarkozy : 

La dépendance est une réalité complexe qui touche les relations humaines. A ce titre, mes propositions s’inscrivent dans une stratégie globale de mobilisation sur le long terme. C’est pourquoi, je souhaite poursuivre nos efforts dans le cadre de la concertation nationale sur la prise en charge de la dépendance, menée depuis le début de l’année 2011.

De plus, l’investissement en faveur des personnes âgées a été massif notamment par l’effort fourni à travers le plan Alzheimer, qui a permis la création de 12000 places en établissements spécialisés. En tout, 1,6 milliard d’euros ont été consacrés à cette maladie. Il faut poursuivre cet effort.

Je ferai la réforme de la dépendance dans les cinq ans à venir, avec un financement crédible, pérenne et à la hauteur de l’enjeu. Il devra permettre, d’une part, de financer des améliorations immédiates pour les personnes dépendantes et les aidants, notamment pour réduire le reste à charge en établissement et à domicile, et d’autre part, d’assurer l’équilibre à moyen terme du financement de la dépendance.

Question 2.14 : Quelles mesures comptez-vous prendre concernant la prise en charge, tout au long de la vie, des personnes en situation de handicap ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Création de centres relais, développement du braille et de la langue des signes, intégration dans les écoles et dans le monde du travail et surtout amélioration de l’accès des enfants handicapés à la scolarité. Pour cette question et la précédente, je vous renvoie à la 31e de mes 37 propositions.

François Bayrou : 

Ma priorité, ce sera l’accompagnement humain. Il faut prendre dans leur ensemble les
personnes qui traversent ces difficultés. Les différentes familles de handicap (moteur,
sensoriel, mental, psychique) demandent des réponses adaptées. Parfois des aides techniques, plus souvent encore des aides humaines : présence dans des foyers,
logement accompagné, aidants à domicile. Nous devons renforcer l’effectivité de la
loi de 2005, que j’ai votée et qui constitue un progrès important, mais elle est encore
insuffisamment traduite dans le quotidien. La compensation du handicap doit être
personnalisée, adaptée aux besoins de chaque personne, quel que soit son âge, en
prenant soin d’éviter les effets de seuil.

Pour la scolarisation, il faut absolument apporter une aide aux enseignants qui sont
souvent désemparés parce qu’ils ne savent pas comment faire, et ont peur de mal
faire. C’est dans le cadre de la formation refondée qu’un début de réponse peut être
trouvé. C’est encore plus vrai pour les assistants de vie scolaire, qui jouent un rôle
crucial. C’est ainsi qu’on pourra répondre aux attentes des familles et des personnes.
120 000 personnes sont licenciées chaque année pour « inaptitude », il faut aider les
entreprises chaque fois que possible à conserver les salariés sur des postes adaptés.
Pour l’accessibilité, l’idée d’une coordination effective, agence ou centre de
ressources, est utile, et elle doit se fixer en priorité l’accès aux transports en commun.
Par ailleurs, si je suis élu, je créerai un Ministère de l’Egalité, qui aura la
responsabilité de lutter contre toutes les formes de discriminations, y compris celles
pratiquées à l’égard des personnes handicapées en milieu professionnel.

Jean-Luc Mélenchon : 

Le risque de perte d’autonomie tel que pris en charge aujourd’hui par la sécurité sociale à travers les régimes maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, famille, et vieillesse, ou bien encore par la CNSA, est insuffisamment assuré. Ouvrir le chantier de l’Autonomie des personnes dites handicapées et des personnes âgées constitue un impératif de dignité, avec pour objectif, les moyens financiers et humains d’accompagnement des personnes dans le cadre de l’exécution de leurs souhaits de vie, en supprimant les barrières d’âge de 60 ans. La prise en charge tout au long de la vie des personnes en situation de handicap, pour le Front de Gauche, passe par le développement de l’aide personnalisée intégrale qui prend en compte les aides humaines - y compris les activités domestiques - et techniques, sans reste à charge, pour permettre de vivre dignement son projet de vie en ouvrant l’accès à une « Prestation de compensation pour l’autonomie ».

Nathalie Arthaud : 

La loi de 2005 fait obligation aux écoles d’inscrire les enfants handicapés. Si leur nombre a augmenté de 60 % depuis 2004, 12000 d’entre eux n’ont toujours pas trouvé de solution et de nombreux enfants n’ont que quelques heures de cours par semaine. En effet, faute de moyens de transport, de bâtiments accessibles et du manque d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) ils ne peuvent pas être accueillis.

François Hollande : 

L’objectif est la participation pleine et entière des personnes en situation de handicap à la vie de la cité. Pour y parvenir, j’aurai trois priorités : l’accessibilité, l’éducation et l’emploi. L’obligation de rendre tous les lieux publics accessibles d’ici 2015 m’amènera à créer une agence de l’accessibilité pour donner une dynamique nationale et aider les collectivités territoriales dans la conduite des travaux. En matière d’éducation, une partie des 60 000 postes supplémentaires que je veux créer dans l’éducation nationale sera dédiée à l’accompagnement des élèves handicapés. Les personnels chargés de cet accompagnement auront des contrats stables, dans un cadre à négocier avec eux. En matière d’emploi, je renforcerai les sanctions à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’obligation d’avoir 6 % de travailleurs handicapés.

Marine Le Pen : 

Il faut préciser au préalable la volonté d’intégrer le handicap dans une réelle politique de solidarité nationale, devant être de mission régalienne et de la responsabilité de l’Etat ; Les effets pervers de la décentralisation ont en effet accentué les inégalités entre les territoires. Depuis la création des (MDPH) et l’approche pluridisciplinaire, on assiste le plus souvent à une diminution des aides sociales et la constitution de délais parfois insoutenables, très pénalisants particulièrement pour les handicapés mentaux. Le financement partiel des équipements, le déremboursement de prestations de santé ou de médicaments condamnent un nombre inadmissible de Français handicapés à une grande précarité.

De plus, toute prise en charge sincère du handicap ne pourra se faire qu’à travers un autre projet économique et social, comportant entre autres des mesures de protectionnisme « intelligent », seules capables de réindustrialiser notre pays et lui redonner vigueur et croissance.

Un chapitre est dédié au handicap au sein du projet présidentiel de Marine Le Pen (http://www.marinelepen2012.fr/le-projet/avenir-de-la-nation/handicap/).

La première mesure que nous mettrons en place sera la revalorisation de l’AAH qui sur 5 ans atteindra +33% et qui représente une grande partie du budget que nous consacrerons au handicap (+ 11MD€ sur 5 ans).

Nous demanderons également d’urgence un audit sur le nombre exact de handicapés en France, handicap par handicap, afin de mieux connaître les besoins réels ainsi qu’un audit sur l’état de l’inclusion scolaire, ses réussites et ses échecs, le tout de concert avec les associations concernées.

Nicolas Sarkozy : 

Depuis 2007, malgré la crise économique, les moyens consacrés au handicap ont augmenté de près de 23%. À la fin du quinquennat, l’Allocation pour les Adultes Handicapés aura augmenté de 25 %.

Faire plus, c’est aussi apporter des réponses personnalisées pour proposer aux personnes handicapées un parcours tout au long de la vie.
Je réaffirme que l’accessibilité universelle doit être une priorité. Je souhaite rendre accessible à toutes les formes de handicap, d’ici 2015, l’ensemble des aspects de la vie quotidienne de la Cité. L’école, ensuite, joue un rôle central car c’est elle qui ouvre l’avenir aux enfants handicapés. Le travail enfin, doit être, pour ceux qui le peuvent, le moyen privilégié de participer à la vie sociale.

Question 2.15 : Quelles actions souhaitez-vous mener pour une reconnaissance des « aidants familiaux » ? Quels dispositifs de soutien effectif vous engagez-vous à mettre en place ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Pour reconnaître la valeur de l’engagement associatif, je suis favorable à un statut du bénévolat qui donnerait en particulier des points supplémentaires pour la retraite des personnes concernées. En effet, cette bonification de périodes pour le calcul de la retraite, s’il doit bien sûr s’appliquer aux personnes handicapées, devrait aussi à mes yeux concernée l’entourage familial ou les proches effectivement engagés à leurs côtés.

Pour inciter au bénévolat, j’ai créé dans la ville où je suis Maire, Yerres, une bourse au bénévolat, qui connaît un franc succès et permet notamment à de jeunes retraités de mettre leur temps et leur savoir-faire au service d’autrui.

Néanmoins, le bénévolat ne remplacera jamais le rôle crucial des professionnels. A cet égard, l’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective des métiers de l’aide à domicile représente un progrès considérable pour la reconnaissance de ces professions et la possibilité de dialoguer avec les Pouvoirs Publics. En revanche, s’il est légitime de prévoir différents niveaux de rémunération, compte tenu de la diversité des métiers concernés et du niveau différent de qualification requise (infirmiers, gardes malades, assistants administratifs, aide aux devoirs, etc…), je considère qu’aucun de ceux-ci ne devrait être à un tarif horaire inférieur au SMIC.

Le secteur des services à la personne est ainsi encore trop souvent considéré comme un domaine économique mineur, sous prétexte qu’il fonctionne, dans la majeure partie des cas, sous régime associatif et non sous forme juridique commerciale classique. Cependant, c’est un secteur en plein développement qui se professionnalise, et devient un acteur à part entière de l’économie nationale. Il faut l’encourager et j’estime du devoir du nouveau président de la République de réellement y veiller, contrairement à ce qui a été fait (ou plus précisément omis) ces dernières années.

François Bayrou : 

L’activité des aidants, des proches et de la famille des personnes en situation de dépendance, est naturellement indispensable. On oublie trop souvent que la maladie touche la personne malade, mais affecte aussi son entourage. L’un des principes du plan « Face à la dépendance » est de renforcer le soutien aux aidants. Dans ce cadre, la validation des acquis de l’expérience constitue une solution très utile.

Jean-Luc Mélenchon : 

La construction d’une société humaine et solidaire ne peut passer
que par une « révolution citoyenne », c’est-à-dire l’association de
tous les citoyens à la définition et à l’édification d’une société
transformée. Cette vision des choses est au cœur du programme du
Front de Gauche. La mission d’intérêt général qu’effectuent les
« aidants familiaux », dès lors qu’elle est librement choisie, doit être
pleinement reconnue et soutenue au travers de mesures spécifiques
à définir en concertation avec le Mouvement associatif, tout en
mesurant qu’elle est souvent contrainte en raison de l’absence des
personnels et des financements ad hoc auxquels nous pallierons. En
particulier, le développement de pôles publics de « l’autonomie » et
de centres adaptés nécessite impérativement la professionnalisation
d’encadrants. Les carrières sanitaires et sociales sont aujourd’hui
fortement sous-qualifiées et précarisées à outrance. Or ces métiers
sont éprouvants et nécessitent un haut niveau de qualification pour
répondre au mieux aux besoins des personnes âgées.

Il faudra augmenter le nombre de places dans les filières sanitaires et
sociales des lycées techniques et professionnels pour répondre aux
besoins grandissants. Les conditions de travail devront également
être revues. La précarité sera éradiquée de ce secteur et les salaires
augmentés dans le cadre de la hausse du SMIC à 1700 €, là où
aujourd’hui les conventions comptent les primes pour arriver aux
minima sociaux.

François Hollande : 

La question de l’aide aux aidants est déterminante : c’est une question de justice, pour près de quatre millions de personnes qui sont chaque année auprès d’un proche, conjoint, parent ou beau-parent ; c’est aussi une question d’efficacité, puisque c’est du soutien aux aidants que dépend en partie le succès du maintien à domicile. Nous devrons répondre à leurs besoins, avant tout d’information, mais aussi d’accompagnement et, pour certains, de formation. Nous devrons également réfléchir à la meilleure manière de les aider à concilier leur vie professionnelle et leur rôle d’aidant, en réfléchissant notamment aux évolutions nécessaires des systèmes de congés.

Marine Le Pen : 

Nous avons intégré dans notre projet présidentiel une réflexion pour envisager la création d’un statut pour les « aidants » (de l’ordre d’environ 8 millions de personnes) en particulier pour leur « droit au répit », tant pour les parents d’enfants handicapés que pour les Français s’occupant de leur parents par exemple atteints de la maladie d’Alzheimer.

Les aidant familiaux devront, après une procédure de reconnaissance de la pathologie de leur proche et évaluation très précise des besoins humains au fur et à mesure de l’avancement de la pathologie, bénéficier pendant la période de maintien à domicile d’un véritable statut social défini comme celui de n’importe quel autre professionnel à temps partiel voir à temps complet. Cette définition s’assortira bien évidemment des mêmes droits de protection sociale que les autres salariés. Il ne peut plus être question d’une simple prestation compensatoire

Nicolas Sarkozy : 

Soutenir les aidants familiaux a été un objectif majeur du Plan Alzheimer 2008-2012. Ce Plan comporte de nombreuses mesures de soutien aux aidants familiaux qui dépasse le cadre de la maladie d’Alzheimer, qu’il s’agisse du développement des structures « de répit » (accueil de jour, hébergement temporaire…), de la formation des aidants ou encore de la création de la visite longue en juillet 2011, qui permet d’évaluer le malade dans son environnement familial et de mieux prendre en compte la situation de ses proches.

Le soutien aux aidants est un axe essentiel de la réforme de la dépendance qui sera conduite dès que la situation financière de la France nous le permettra. Nous mettrons en place des mesures permettant aux aidants de concilier leur vie familiale et/ou professionnelle avec l’accompagnement de leurs proches. Plusieurs pistes existent, comme l’assouplissement du congé de soutien familial, la possibilité d’assouplir l’organisation du travail des salariés – aidants familiaux…

Question 2.16 : Quels seront les financements de ces politiques ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Là encore, il faut raisonner en termes de financements nouveaux grâce à une croissance retrouvée, plutôt qu’en terme de répartition de la pénurie, comme c’est le cas actuellement. En l’état actuel des choses, ceux qui s’engagent sur de nouveaux moyens sans changer le cadre existant font des promesses en l’air.

François Bayrou : 

A moyens constants, il est possible de faire beaucoup mieux, grâce notamment à l’accompagnement humain.

Jean-Luc Mélenchon : 

Contrairement à la campagne d’intoxication menée par le gouvernement actuel, la France n’est pas en état de faillite ! La dette publique actuelle est tout à la fois le produit de la politique de sauvetage de la dette privée des banques contractée dans des opérations spéculatives et toxiques et le produit de l’obligation faite à l’État, d’emprunter sur les marchés les fonds disponibles à l’investissement à des taux largement supérieurs à ceux que la Banque Centrale Européenne accorde aux banques. Ne plus emprunter sur les marchés mais à la Banque Centrale, abolir les mesures fiscales du gouvernement actuel vis-à-vis des plus nantis, aligner le taux d’imposition des revenus du capital sur le taux d’imposition des revenus du travail, engager dans le cadre d’une planification écologique et sociale une relance de l’activité respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois, conduirait à un rééquilibre du budget de l’État et des collectivités en leur redonnant les capacités de répondre aux besoins sociaux, et notamment en termes de prestations pour les personnes âgées et les personnes dites handicapées. Bref, ces dispositifs seront financés, comme l’ensemble de notre programme, tout à la fois par la révolution fiscale que nous mettrons en œuvre et par la relance de l’activité que notre politique de redistribution des richesses aura rendue possible.

François Hollande : 

Pour ce qui est du financement, il y a un choix à faire : soit chacun s’assure de son côté, et nous irons vers un système à deux vitesses ; soit nous choisissons la solidarité, pour éviter qu’un certain nombre de nos concitoyens soient dans l’impossibilité de terminer leur vie dans les conditions de dignité indispensables. Je l’ai dit, je choisis la solidarité.

Marine Le Pen : 

Notre budget prévoit de consacrer sur 5 ans :

32.456 millions d’euros à la politique familiale (dont 21.875 millions au revenu parental à 80 % du SMIC diminué du CLCA et 10.000 millions d’euros à la revalorisation des Allocations familiales aux Français),

10.669 millions d’euros à celle du handicap (dont 6.750 millions d’euros à la revalorisation de l’Allocation Adultes Handicapés et 1.355 millions à l’annulation des barrières d’âge pour l’attribution des aides).

Gains budgétaires sur 5 ans grâce, entre autres, à la suppression de dépenses liées à l’immigration : 40.794 millions d’euros (dont 1.000 millions au titre de la suppression de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Agées pour les étrangers, 5.500 millions à celui de la suppression du regroupement familial, 1.230 millions grâce à la réduction du nombre de demandeurs d’asile admis à rester en France et 18.000 millions en réservant les Allocations familiales aux familles dont un parent au moins est français .

Des recettes seront également engrangées grâce à notre désengagement de l’Europe de Bruxelles (7MD€) et ce qui sera perçu grâce aux droits de douane.

Nicolas Sarkozy : 

Je reste déterminé à mener, à terme, la réforme de la dépendance pour améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Toutefois, mettre en œuvre cette réforme dans le contexte financier actuel n’aurait pas été responsable. J’assume ce report, parce qu’on ne peut pas financer la dépendance en créant de la dette et en reportant son financement sur les générations futures. Parce que je tiens à ce qu’elle soit crédible et durable, la réforme que je mènerai sera compatible avec l’équilibre de nos finances publiques et prévoira un financement adapté, pérenne et à la hauteur de l’enjeu. Ce financement ne devra pas alourdir le coût du travail, déjà trop élevé en France.