Maîtriser les charges énergétiques

Quelle politique de tarification des énergies envisagez-vous ?

Réponses des candidats

Quelle sera votre politique d’amélioration de la performance énergétique des logements ?

Réponses des candidats

Les dépenses d’énergie liées au logement et aux transports constituent un poste important du budget des familles, avec des inégalités accrues selon le niveau de performances énergétiques des logements, le mode de chauffage, le type de logement, la localisation (rural ou urbain), les modes de transports, les revenus, l’âge des ménages etc.

Les charges liées aux dépenses d’énergie constituent une des difficultés principales des familles. Les représentants de nos UDAF, au sein des commissions de surendettement et des CCAS, nous alertent sur le nombre grandissant de dossiers liés à l’impossibilité pour les familles de payer les charges énergétiques. Ces difficultés touchent même les catégories dites moyennes dans la mesure où l’ensemble de ces charges sont devenues incontrôlables. Certaines familles n’ont plus les moyens de payer, tandis que d’autres sont obligées d’emprunter, ou contraintes de ne plus se chauffer ou de ne plus se déplacer. Cette problématique des charges liées aux énergies, nous amène indéniablement à nous interroger également sur les modes de production et de consommation d’énergie dans une approche globale de développement durable pour les familles. Selon l’UNAF, il est important et urgent d’aider les familles, quel que soit leur statut d’habitant, à améliorer les performances énergétiques de leur logement. Il faut en outre favoriser les modes de transports alternatifs et développer l’inter-modalité.

Les réponses des candidats

Question 4.8 : Quelle politique de tarification des énergies envisagez-vous ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Abrogation de la loi NOME, nationalisation de EDF et GDF permettant une baisse des tarifs, ainsi qu’une baisse de 10 centimes le litre de l’essence, grâce à diverses diminutions de la fiscalité et à une nouvelle politique de prix rendue possible par le retour de Total dans le giron public.

François Bayrou : 

J’organiserai un débat sur l’avenir de la production électrique en France, dès le début de la mandature, afin de définir un scénario et une feuille de route à l’horizon 2030, avec des rendez-vous d’étape tous les 3 ans. Cette feuille de route devra assurer à la fois l’approvisionnement électrique nécessaire, réduire le plus possible le recours aux énergies carbonées en visant un développement massif des énergies renouvelables qui devraient atteindre, en 2030, 40 % de la production électrique française.

Jean-Luc Mélenchon : 

Nous mettrons en place une tarification sociale et progressive garantissant le droit et l’accès de toutes à l’énergie (ainsi qu’à l’eau). Les premières tranches vitales seront gratuites. Nous mettrons fin aux coupures d’électricité qui se multiplient aux dépens des plus pauvres. Nous stopperons la libéralisation et la dérèglementation du secteur de l’énergie en abrogeant la loi NOME. Nous réaffirmerons l’exigence de la maîtrise publique, sociale et démocratique du secteur de l’énergie, seule garante de la transparence, de l’indépendance, de l’expertise et de la qualité des installations et des exploitations. Nous créerons ainsi un pôle 100 % public de l’énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé. Ainsi l’énergie sera placée sous contrôle citoyen, seule garantie contre le développement de la précarité énergétique qui touche aujourd’hui 4 millions de nos concitoyens.

François Hollande : 

Je propose l’adoption d’une tarification progressive de l’électricité et du gaz afin de garantir l’accès de tous à ces biens essentiels et d’inciter à une consommation responsable. Cette nouvelle tarification progressive des énergies servira un double objectif, social et environnemental. D’une part, elle garantira à tous les consommateurs l’accès à des fonctions vitales, telles que le chauffage, l’éclairage et la cuisine, afin d’aider les ménages à faire face à l’augmentation des prix et d’enrayer la hausse de la précarité énergétique. D’autre part, elle incitera les ménages à consommer moins et mieux puisque les surconsommations d’électricité seront pénalisées.

Cette mesure se substituera aux tarifs sociaux actuels, inefficaces car insuffisants. Elle sera accompagnée d’une trêve hivernale des coupures d’électricité.

En complément de ces mesures de protection, un effort massif de rénovation de l’habitat sera engagé afin de poser les fondements d’une société de la sobriété et de l’efficacité énergétique, seule capable de protéger les ménages à long terme contre les augmentations des prix de l’énergie en aidant à consommer moins et mieux, ainsi que de lutter contre l’insalubrité des logements.

Marine Le Pen : 

Notre pays, comme l’ensemble des grands pays modernes, a besoin d’une énergie abondante et sûre pour assurer le bon fonctionnement de son industrie, de son agriculture ainsi que le confort domestique. La cohérence et la pertinence de nos orientations énergétiques sont fondamentales : elles accompagnent la réussite des politiques de ré industrialisation, de relocalisation, de plein emploi, d’accroissement du pouvoir d’achat des Français et de souci écologique.
Notre pays a longtemps bénéficié d’une avance en matière de recherche et de nouvelles technologies énergétiques. Les politiques publiques entreprises ces dernières années n’ont pas permis de maintenir cette avance, le soutien aux entreprises innovantes n’a pas été au rendez-vous et le choix de céder certaines technologies à des puissances étrangères nous place aujourd’hui dans une situation délicate qui doit nous forcer à réagir vite.

La question écologique ne peut ignorer celle de la politique énergétique que compte mener la France.
En dehors de l’énergie hydraulique, les énergies dites « vertes » ne sont aujourd’hui pas réalistes en l’état : à titre d’exemple, pour produire l’électricité nécessaire à la France, il faudrait installer 275 000 éoliennes, ou 5 milliards de mètres carrés de panneaux photovoltaïques (un département moyen), ou encore consacrer la moitié des terres cultivables françaises aux bio-carburants afin de remplacer notre consommation en carburants fossiles. Nous soutiendrons la recherche afin de faire de ces technologies un recours possible et viable dans le cadre d’utilisations locales (particuliers, communes ou entreprises). L’objectif est ici de couvrir à terme 10 à 15% de nos besoins énergétiques.
Les recherches dans le domaine de l’hydrogène doivent être valorisées et nous soutiendrons le programme ITER à Cadarache.
Maintenir l’indépendance énergétique de la France et ses bonnes performances en matière d’émission de CO2 impose de conserver l’énergie nucléaire à moyen terme. Cela suppose d’investir dans la recherche, en particulier sur les dispositifs de sûreté du nucléaire et sur le rendement des nouveaux réacteurs destinés à remplacer ceux en fin de vie. La construction de l’EPR de Flamanville doit être poursuivie. Parce que le risque nucléaire ne peut pas être réduit à zéro, à long terme, il est souhaitable de pouvoir sortir du nucléaire. Avant d’atteindre cet horizon, le secteur nucléaire doit être très étroitement surveillé, ce qui nécessite une limitation maximale du recours à des sociétés privées dans l’exploitation et l’entretien des centrales, ainsi que des centres de traitement des déchets radioactifs. Comme indiqué ci-dessus, pour réduire la part du nucléaire, la recherche sera valorisée dans les énergies renouvelables et dans les nouvelles sources d’énergie que la science permettra de créer.

Nicolas Sarkozy : 

L’objectif prioritaire doit être de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et de maintenir la compétitivité de nos entreprises. Le parc nucléaire français répond pleinement à cette double préoccupation. Il permet aujourd’hui aux Français et aux entreprises de payer une énergie en moyenne 40% moins chère que dans le reste de l’Europe. Le parc nucléaire assure également notre indépendance en matière énergétique. Il nous permet de nous prémunir contre les augmentations brutales du prix des matières fossiles.

C’est grâce à un mix énergétique équilibré, avec un objectif de 23% d’énergies renouvelables d’ici 2020, que nous garantissons aujourd’hui la protection du pouvoir d’achat des consommateurs.

Question 4.9 : Quelle sera votre politique d’amélioration de la performance énergétique des logements ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Mise en place de Crédits d’Impôts, de Prêts spécifiques à 10 ans à Taux Réduits dont les intérêts seront déductibles des impôts, un taux de TVA REDUIT, subventions Anah plus importantes et pour les propriétaires bailleurs le cumul du Crédit d’Impôt et de la déduction des dépenses d’amélioration sur les revenus fonciers. Également, un locataire qui voudrait faire des travaux en lieu et place du propriétaire pourrait obtenir des aides déductibles de ses loyers dans une proportion de 30% de ceux-ci pendant un temps limité à celui du bail restant à courir (9 ans maximum).

François Bayrou : 

La conférence nationale que je propose définira des objectifs nationaux de constructions et de mise aux normes environnementales. J’entends également moduler la taxe sur le foncier bâti en fonction de la performance énergétique des bâtiments. Cela incitera les propriétaires à respecter les règles environnementales.

Jean-Luc Mélenchon : 

Nous mettrons en place un grand plan de transition écologique et de financement pour la sobriété et l’efficacité énergétiques et pour la diversification des sources d’énergie. Le plus grand gisement d’énergies renouvelables dans les pays développés réside en définitive dans les économies d’énergie possibles et dans un changement profond des modes de vie, de production et de consommation. Nous ferons donc de l’isolation thermique des bâtiments et des logements (y compris du parc ancien) une priorité absolue. Nous mettrons en place un plan national de remise aux normes énergétiques des logements et de l’ensemble des bâtiments publics. Nous créerons pour les particuliers une allocation sur condition de ressources pour financer la rénovation thermique des logements. Par ailleurs, la nécessaire réduction des consommations ne peut conduire à réduire le niveau de vie des classes populaires. C’est la sobriété énergétique que nous visons : moins de consommation pour des usages identiques. Ce sont les gaspillages ostentatoires des très riches qu’il faut combattre.

François Hollande : 

Je propose un vaste plan de rénovation thermique de l’habitat pour préserver le pouvoir d’achat des ménages et lutter contre l’insalubrité des logements. L’objectif est d’atteindre 600 000 rénovations à haute performance par an, soit plus de deux fois le rythme actuel, en plus de la construction de 400 000 logements neufs.

Plusieurs mesures seront prises pour rendre possible cet effort. Je privilégierai l’augmentation des prêts à taux zéro et les aides directes, qui seront versées immédiatement à l’achat et non un an après. Ces dispositifs seront modulés en fonction du niveau de revenu des ménages.

Marine Le Pen : 

En conservant, voire en améliorant, les incitations fiscales

Nicolas Sarkozy : 

Grâce à une nouvelle réglementation thermique applicable à tous les permis de construire en janvier 2013, le Grenelle de l’environnement prévoit de diviser la consommation énergétique des constructions neuves par trois. En moyenne, les nouvelles normes permettront à chaque ménage de réaliser une économie de 4 000 euros par logement en habitat collectif et 15 000 euros en maison individuelle sur les 20 ans à venir.

Parallèlement, je souhaite que les logements individuels neufs comportent un dispositif qui permette au consommateur de suivre lui-même sa consommation d’énergie.

Je souhaite encourager la mise en place de contrats de performance énergétique qui permettront d’optimiser l’utilisation de l’énergie. Le dialogue entre les différents acteurs de l’énergie, opérateurs et consommateurs, doit être à la base de ces contrats.