L'accompagnement des parents d'enfants en bas âge

Que ferez-vous pour renforcer les actions visant à soutenir les parents lors de la grossesse et après la naissance, notamment durant les semaines qui suivent le retour au domicile ?

Réponses des candidats

Les carences de soins précoces ont des effets traumatiques extrêmement négatifs sur le développement de l’enfant. Ils sont à l’origine de nombreux troubles intériorisés et externalisés mis en évidence depuis longtemps par la psychanalyse et la clinique de l’attachement.

Aujourd’hui, des recherches
récentes en neurobiologie et en biologie moléculaire
soulignent l’effet, sur le développement du cerveau, du
trauma résultant de ces carences. La grossesse et les
premiers mois suivant la naissance sont ainsi des périodes
de grande vulnérabilité durant lesquelles se structurent les
bases d’une relation parents-enfants essentielle, dont on a
pu montrer que son développement harmonieux était l’une
des conditions du bien-être futur de l’enfant.

Or, l’enquête « Périnatalité : regards de femmes sur leur
maternité », réalisée en 2010 par l’UNAF, comme un récent
rapport de la Cour des comptes, souligne le fort déséquilibre
actuel entre l’offre de service en amont de la naissance
– jugée satisfaisante – et l’offre de service proposée aux
nouveaux parents – jugée insuffisante – notamment durant
les six mois qui suivent la naissance ou en cas de naissances
prématurées, multiples ou d’enfants en situation de
handicap. L’UNAF estime donc qu’il y a un intérêt à viser
l’ensemble des grossesses et à soutenir les actions de
prévention primaire complémentaires de celles de la PMI ;
plus spécifiquement celles qui font le lien entre l’anténatal et
le postnatal. De façon plus générale, que ce soit en matière
d’accompagnement des mères, des enfants et des familles,
les PMI ont une fonction d’accompagnement primordiale,
préventive et curative, qu’il est nécessaire aujourd’hui, de
soutenir. De nombreux programmes d’intervention précoce
au domicile des parents ont largement montré leur efficacité.


Les réponses des candidats

Question 4.14 : Que ferez-vous pour renforcer les actions visant à soutenir les parents lors de la grossesse et après la naissance, notamment durant les semaines qui suivent le retour au domicile ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Le droit du travail doit effectivement être appliqué et mieux contrôlé. Trop de parents sont pénalisés par leur employeurs lors de naissances. Il faut une fois pour toutes faire comprendre à chacun que la natalité française est l’avenir de la France.

François Bayrou : 

Il y a une pénurie d’assistants maternels, face à la forte demande des parents. Ce que doit faire l’Etat, au-delà de l’information, c’est renforcer la formation. Il faut que ce métier devienne un métier « choisi » et non un métier « par défaut ». Je crois que le regroupement des assistants maternels est une idée très utile. Ces structures présentent plusieurs avantages : coût raisonnable, souplesse horaire, accroissement de l’offre d’accueil, renforcement de l’attractivité de la profession. Il faut donc les encourager.

Jean-Luc Mélenchon : 

Les sages-femmes étant loin d’être assez nombreuses pour assurer le suivi à domicile, il est indispensable d’inverser la généralisation, souhaitée par le gouvernement, des sorties précoces de la maternité. Au nom de la politique de l’enfance fondée sur le respect de La déclaration des Droits de l’Enfant, nous attribueront les moyens nécessaires à la protection maternelle et infantile afin d’assurer le suivi des familles et enfants avant et après la naissance : dépistage des troubles infantiles et le soutien aux parents en renforçant les Centres de Protection maternelle et infantile. Nous instituerons également un droit à l’accueil gratuit des jeunes enfants par du personnel qualifié (crèche ou nourrice agréée dans un premier temps), pour tout enfant dès la naissance.

Nathalie Arthaud : 

Au niveau de la maternité, on a assisté à des fermetures d’Établissements, de services dans les hôpitaux, ce qui amène les femmes à se déplacer de plus en plus loin pour un accouchement. Par ailleurs, un projet récent vise à réduire, pour raison d’économies, la durée du séjour en maternité après l’accouchement.

(…)

Le Planning familial, organisation qui depuis plus de cinquante ans s’occupe d’information et de consultation en matière de sexualité, de contraception et de famille, vient de voir sa subvention réduite de 500 000 euros par le gouvernement.

François Hollande : 

L’arrivée d’un enfant est un événement merveilleux mais bouleversant pour une famille. C’est un moment de vulnérabilité où les parents ont particulièrement besoin d’être soutenus.

L’expérimentation de sorties précoces de la maternité que le gouvernement actuel souhaite généraliser va pourtant dans un sens contraire : nous savons bien que les sages-femmes ne sont pas assez nombreuses pour assurer le suivi à domicile. Il est indispensable, au contraire, d’assurer le dépistage de troubles comme la surdité ou l’autisme et un soutien aux parents par le biais des centres de Protection maternelle et infantile, que nous devrons renforcer. Les lieux d’accueil et d’écoute des parents (écoles des parents, crèches, etc) doivent être davantage ouverts à l’ensemble des familles et s’engager à remplir des objectifs précis fixés par les collectivités territoriales en échange d’un financement stable.

Marine Le Pen : 

Voir question sur aidants familiaux 2.15

Nicolas Sarkozy : 

L’offre en termes de soutien en amont de la naissance est généreuse et jugée satisfaisante. Il faut donc la pérenniser. Concernant le soutien au lendemain d’une grossesse, il est plus que jamais indispensable de continuer à soutenir la Protection Maternelle et Infantile compte tenu de sa fonction d’accompagnement primordiale, préventive et curative.

Je pense qu’il faut aussi renforcer le rôle de suivi pré- et post-natal des sages-femmes auprès des futurs parents.