Autonomie financière des jeunes

Quelle politique globale de soutien financier des jeunes et de leur famille envisagez-vous ? Sur quels financements ?

Réponses des candidats

Envisagez-vous d’élargir les critères d’attribution des bourses et d’en augmenter le montant ?

Réponses des candidats

Quelles actions mènerez-vous pour favoriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail ?

Réponses des candidats

L’autonomie des jeunes est considérée par leurs parents comme le but même de l’éducation. De l’enfant qui apprend à marcher seul au jeune qui quitte le domicile familial, les parents accompagnent leurs enfants vers l’autonomie. Il s’agit donc d’un processus et non d’une étape, même si le départ du domicile familial est un moment clé.

La plupart des travaux récents montrent que l’âge de la décohabitation a peu évolué
au cours des quarante dernières années, l’âge médian du
départ de chez les parents se situant autour de 22 ans. Ce qui
a changé, en revanche, c’est la dépendance financière des
jeunes vis-à-vis de leurs parents. Même « décohabitant », les
jeunes restent souvent dépendants financièrement de leurs
parents le temps de finir leurs études et apprentissage et de
trouver un emploi. Parallèlement, sur d’autres plans, choix
affectifs ou choix de formation ou d’études, ils sont beaucoup
plus indépendants et mobiles qu’il y a trente ans. Aujourd’hui,
les 80 % des jeunes qui font des études secondaires ou supérieures,
quelle que soit la filière, s’appuient donc largement
sur les solidarités familiales « descendantes ».
L’UNAF n’est pas défavorable au principe selon lequel
chaque jeune majeur pourrait avoir droit à une allocation de
ressources, accordée en fonction d’un projet d’autonomie
spécifique élaboré par le jeune. En revanche, elle est opposée
à tout automatisme d’une nouvelle mesure, c’est-à-dire à
un droit dès l’âge de 18 ans, quelle que soit la situation du

jeune, de même qu’à un financement de cette allocation par
la branche famille, via une suppression des droits familiaux.
Il y aurait un réel risque à appauvrir les familles, surtout en
période de crise.
Plus largement, pour l’UNAF, l’autonomie effective passe
par la possibilité de trouver une activité professionnelle.
La priorité doit donc se porter sur l’accès à l’emploi


Les réponses des candidats

Question 5.9 : Quelle politique globale de soutien financier des jeunes et de leur famille envisagez-vous ? Sur quels financements ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Mes mesures sont indiquées sur cette page.

François Bayrou : 

Les capacités financières des jeunes et de leurs familles dépendent du cadre professionnel dans lequel ils évoluent. Seul le réarmement économique de notre pays, la reprise de la production en France peut permettre de relancer les créations d’emplois. Je crois qu’il faut aussi, bien entendu, garantir la pérennité des allocations familiales.

Jean-Luc Mélenchon : 

Hier l’école publique gratuite était censée donner à tous les jeunes
un statut pendant leurs années de formation. Aujourd’hui la période
de formation s’est considérablement allongée. Un vrai statut social
doit donc être accordé aux jeunes pour leur procurer des conditions
permettant leur réussite, assurer l’égalité quelle que soit les conditions familiales, contribuer à leur émancipation en leur
donnant plus de maîtrise de leur vie, cela passe notamment par une
couverture sociale autonome pour tous les jeunes majeurs.
Concernant les lycéens de l’enseignement professionnel et
technologique le Front de Gauche est favorable à la rétribution des
stages et la revalorisation du statut des apprentis. De même il s’agit
de garantir l’ouverture à tous les étudiants et jeunes en formation au
système de droits sociaux piloté par le CNOUS. A plus long terme,
pour sortir les jeunes de la précarité et du recours au salariat
pendant leurs études, nous créerons un statut social pour tous les
jeunes permettant leur autonomie, et élargirons les droits sociaux
aux jeunes majeurs. Ces années de formations seront prises en
compte dans le calcul de la retraite.

Par ailleurs, le plan d’urgence national pluriannuel de construction
de 200 000 logements publics sociaux par an pendant cinq ans
comprendra un volet spécifique de logements étudiants et pour les
jeunes.

François Hollande : 

Le quinquennat dernier devait être celui du pouvoir d’achat. Le Président sortant l’avait promis aux Français, mais force est de constater qu’il n’en a rien été.

J’ai effectué en ce sens un certain nombre de propositions : augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire dès septembre prochain, réforme du quotient familial pour plus de justice fiscale en direction des classes moyennes et modestes, réforme fiscale pour rendre l’impôt plus progressif et donc juste, aide à la complémentaire santé pour les jeunes, maintien des ressources affectées aux politiques familiales.

Mais, au delà de ces mesures, c’est l’ensemble de mon projet qui participe de cette cohérence : le blocage des prix des carburants, l’encadrement des loyers à la location et à la relocation dans les zones tendues, la rémunération du Livret A supérieure à la croissance, et même la fin de la semaine de quatre jours à l’école, tout cela compte aussi beaucoup pour les familles.

Marine Le Pen : 

Notre réponse aux questions de l’autonomie financière des jeunes tient en une seule réponse :

Aujourd’hui 21% des 16-25 ans sont pauvres donc l’emploi doit être une préoccupation majeure afin d’éradiquer ce constat indigne de notre pays :

  • L’emploi, priorité absolue
    L’emploi, parce qu’il est le premier garant du pouvoir d’achat des Français, sera la priorité absolue du quinquennat. L’objectif essentiel est de parvenir à lutter contre le fléau du chômage des jeunes et de celui des séniors. La lutte contre le chômage se fera selon deux grands axes : la ré industrialisation de notre pays, et le soutien aux PME, qui sont les premiers créateurs d’emplois en France. Le renforcement du dynamisme du marché du travail contribuera également à la lutte contre le chômage.
  • La ré industrialisation du pays sera l’axe premier de notre politique car seule une industrie prospère est le gage de gains de productivité élevés, d’une économie dynamique et innovante, de la création d’un tissu dense de PME/PMI sur tout le territoire et d’emplois qualifiés permettant de remettre en marche l’ascenseur social. L’utopie mortelle d’un pays sans usine doit être abandonnée alors même que l’industrie fait vivre aussi, en grande partie, le secteur tertiaire.
  • La ré industrialisation passe par un réarmement face à une mondialisation débridée qui met nos industries en concurrence déloyale avec le monde entier et un fonctionnement de la zone euro qui nous soumet à la politique d’hyper-compétitivité de l’Allemagne. A cette fin, la France remettra en cause l’ensemble des contraintes absurdes imposées par l’Union européennes et qui interdisent, au nom d’une politique de la concurrence dévoyée, toute politique industrielle réelle.
  • En particulier, une renégociation des traités européens mettra fin au dogme de « la concurrence libre et non faussée », qui promeut en réalité la loi de la jungle.
  • Une Planification Stratégique de la Réindustrialisassions directement rattachée au Premier ministre associant établissements universitaires et grandes écoles, filières industrielles et représentants de l’Etat organisera la réindustrialisassions de la France.
  • Cette politique se fera parallèlement à la mise en place de protections intelligentes aux frontières face à la concurrence internationale déloyale (droits de douane ciblés et quotas d’importation), c’est-à-dire vis-à-vis des pays qui nous concurrencent de façon déloyale (par exemple la Chine ou certains pays d’Europe de l’Est, mais non les pays de niveau économique, social et environnemental comparable comme l’Allemagne ou les Etats-Unis).
  • La restauration de notre liberté monétaire nous redonnera des marges d’ajustement pour favoriser la compétitivité de notre industrie.

Nicolas Sarkozy : 

J’ai voulu apporter un vrai soutien à la vie étudiante pour permettre à tous de réussir. C’est pour cette raison que j’ai souhaité une augmentation sans précédent des bourses pour aider les familles. Grâce à la revalorisation régulière des plafonds de revenus et des taux, les bourses ont augmenté de 20% en moyenne et jusqu’à 26% pour les étudiants issus des milieux les plus modestes et le nombre de bénéficiaires a connu une augmentation de 28%, passant de 470 000 en 2007 à 600 000 aujourd’hui. J’ai également instauré cette année le dixième mois de bourse.

Par ailleurs, j’ai voulu faire bénéficier les apprentis des mêmes avantages que les étudiants. Depuis 2005, les apprentis peuvent obtenir une carte nationale d’apprenti portant mention « Etudiant des métiers » délivrée à l’apprenti par son CFA et ouvrant droit à des réductions tarifaires pour des activités culturelles et de loisirs, les transports collectifs et la restauration.

Nous devons poursuivre nos efforts dans ce sens et c’est pourquoi notre politique familiale doit être défendue et soutenue. C’est ce que j’ai fait, notamment, en augmentant, en 2012, les prestations et les allocations familiales de 500 millions d’euros. De plus, nous avons créé un plafond spécifique de ressources augmenté de 40% pour les familles monoparentales et amélioré l’allocation de solidarité spécifique versée par les CAF.

Il ne faut pas casser cet instrument, hérité du consensus de 1945, mais au contraire le conforter. En permettant à la France d’assurer son avenir, il constitue un atout précieux. Pour cela il faut protéger notre système. Ces derniers temps, trop d’attaques ont été lancées contre les familles. Parce que la politique familiale est bonne pour la France, je m’oppose à toute remise en cause du quotient familial, ou à la fusion IR/CSG, qui pénaliseraient les classes moyennes et les familles.

Question 5.10 : Envisagez-vous d’élargir les critères d’attribution des bourses et d’en augmenter le montant ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Je poursuivrai l’effort budgétaire en faveur de l’éducation supérieure pour atteindre 2% du PIB en 2017 et rattraper notre retard en renforçant les rôles spécifiques et le partenariat entre écoles, universités et IUT. Cette augmentation des moyens doit permettre un accès plus démocratique à l’enseignement supérieur par des bourses au mérite, la réduction des frais d’inscription, la gratuité des concours et la création de quotas en classes préparatoires aux grandes écoles.

François Bayrou : 

Plutôt que de me lancer dans des promesses d’extension des bourses sur fonds
budgétaires, que la situation de nos finances publiques rend illusoire, je préfère
préconiser des bourses d’engagement, des bourses en échange du soutien que les
étudiants pourraient apporter dans les collèges et lycées, ou bien en échange d’un
engagement dans les universités, pour gérer les bibliothèques et augmenter leur temps
d’ouverture.

Nous devrions, quoiqu’il en soit, corriger le système de distribution des bourses dans
le sens d’une plus grande équité.

Jean-Luc Mélenchon : 

Nous assurerons le financement du 10e mois de bourse, pour un versement à 100 % des étudiants boursiers. Nous augmenterons le nombre d’étudiants boursiers pour que celui-ci passe de 30 % à 50 % des étudiants hors échelon O. Nous augmenterons le montant des bourses d’études de 10 % quel que soit l’échelon.

François Hollande : 

Les bourses aujourd’hui allouées aux étudiants sont insuffisantes pour permettre aux enfants dont les parents ont des revenus modestes de poursuivre des études supérieures. Faute de ressources, chaque année, de nombreux jeunes sont obligés d’abandonner leurs études. Un jeune étudiant sur deux est salarié pour pouvoir financer ses études. Cette situation, je ne peux l’accepter.

Je propose en particulier la création d’une allocation d’études supérieures et de formation sous condition de ressources, dont la montée en puissance progressive sur cinq ans devra conduire, par la remise à plat des aides existantes, à construire un parcours d’autonomie. Celui-ci permettra aux étudiants et aux jeunes en formation issus de milieux modestes de se consacrer à leurs études dans le cadre d’un contrat de réussite qui les engagera.

Les jeunes ne veulent pas de l’assistanat. Ils veulent qu’on les aide à réussir, à trouver eux-mêmes leur chemin. C’est tout le sens de cette proposition.

Nicolas Sarkozy : 

Dans ce domaine, notre action a été particulièrement ambitieuse. Nous avons voulu apporter un vrai soutien à la vie étudiante pour permettre à tous de réussir. Grâce à la revalorisation régulière des plafonds de revenus et des taux, les bourses ont augmenté en montant (20% en moyenne, et jusqu’à 26% pour les étudiants issus des milieux les plus modestes) et le nombre de bénéficiaires a crû de 28%, passant de 470 000 en 2007 à 600 000 aujourd’hui. Un échelon 0 de bourse a été créé pour étendre à des étudiants issus des classes moyennes modestes le bénéfice de l’exonération, pour tous les boursiers, de droits d’inscription et de sécurité sociale. De plus, les étudiants bénéficient désormais d’un 10e mois de bourse.

Question 5.11 : Quelles actions mènerez-vous pour favoriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Je veillerai à développer les formations en alternance, revaloriser l’enseignement technique et professionnel, démocratiser l’accès au supérieur et offrir une vraie liberté de formation tout au long de la vie, notamment aux jeunes sortis tôt du système scolaire, grâce à la « sécurité professionnelle ». Mais, avant tout et encore une fois, seule une reprise économique et une baisse du chômage globale pourra permettre une intégration rapide de tous les jeunes au monde du travail.

François Bayrou : 

Il faut permettre aux entreprises de moins de 50 salariés, aux artisans et aux commerçants, de créer un emploi sans charges, pendant deux ans, si elles recrutent un jeune en premier emploi ou un chômeur sous la forme d’un CDI à condition de n’avoir pas préalablement supprimé de poste de travail.

Front de Gauche : 

Aujourd’hui, les jeunes sont les premières victimes de la crise. Dans le rapport social global, qui concerne non seulement le contrat de travail mais aussi tous les aspects de la vie (logement), les jeunes vivent aujourd’hui en majorité une situation de précarité, autrefois qualifiée d’atypique et qui est la règle à présent. C’est un destin social durable qui institutionnalise la peur du lendemain ! La pauvreté atteint 20 % des jeunes de moins de 25 ans, c’est-à-dire près d’un million de personnes. Il faut de huit à onze ans à un jeune pour obtenir son premier contrat a durée indéterminée (COI). La flexibilité ne vise en somme qu’à faire accepter cette précarité comme la norme. Notre programme vise à abolir le précariat. Pour ce faire, nous accompagnerons l’insertion professionnelle des jeunes vers un emploi durable et correctement rémunéré, lutterons contre les discriminations à l’embauche, et mettrons en place un plan de résorption de l’emploi précaire des jeunes (et de tous en général). Le recours à l’intérim et aux contrats à durée déterminée sera strictement encadré avec des quotas maximaux dans les entreprises. Le contrat de travail devra assurer au jeune travailleur le même salaire que les autres salariés de même qualification et de même poste. Les contrats d’apprentissage, d’alternance ou de professionnalisation devront donner lieu à une rémunération au moins égale au Smic horaire. Il s’agit également d’encadrer les stages : obligation de rémunération à au moins 50 % du SMIC dès le premier mois de stage, limitation de la durée des stages à 6 mois, cotisation sociale sur les indemnités de stage et accès des stagiaires à la protection sociale. Et parce que l’État doit être exemplaire, nous titulariserons les 800 000 précaires de la fonction publique, parmi lesquels nombreux sont les jeunes.

François Hollande : 

Pour les jeunes, ma priorité absolue, c’est l’emploi. Dans notre pays, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 25 %. Un pauvre sur deux a moins de 30 ans.

Si les Français m’en donnent mandat, je lancerai dès l’été le contrat de génération qui vise à favoriser l’embauche en CDI d’un jeune tout en œuvrant au maintien d’un senior dans l’emploi. Mon ambition est d’en faire émerger 500 000 en 5 ans. Une autre mesure importante résidera dans la création de 150 000 emplois d’avenir. Ces emplois seront créés en priorité dans les quartiers défavorisés et en outre-mer, là où le chômage atteint 40% voir 60% chez les jeunes. Parce que les jeunes ont le droit d’avoir les moyens de s’installer sereinement dans la vie, j’augmenterai également les cotisations pour les entreprises abusant des contrats précaires (interim, CDD), et j’encadrerai plus strictement les stages.

Je travaillerai enfin à rapprocher le monde de l’université et celui du travail. Dans les universités, nous donnerons aux bureaux d’insertion professionnelle de vraies compétences et des moyens. Ils devront avoir pour objectif d’offrir à tout étudiant une expérience dans le monde du travail à l’intérieur de son cursus de licence et de préparer à l’insertion professionnelle.

Nicolas Sarkozy : 

Je souhaite qu’ en dernière année de baccalauréat professionnel et en CAP, les élèves passent 50% de leur temps en entreprise. Cette mesure qui concernera plus de 250 000 jeunes par an, me paraît être une réponse extrêmement efficace au problème du chômage du jeunes.

Par ailleurs, je veux développer fortement l’alternance et l’apprentissage à l’université pour rapprocher davantage les établissements supérieurs et les entreprises. Il s’agira d’une véritable révolution dans les rapports école-entreprise, qui est une réponse très puissante au problème du chômage des jeunes.

Faits et chiffres

22 ans

C’est l’âge médian du départ de chez les parents

L’âge de la décohabitation a peu évolué au cours des quarante dernières années