Renforcer le lien entre famille et école

Dans votre projet pour l’Ecole, que comptez-vous faire pour mieux garantir un rapprochement entre familles et école ?

Réponses des candidats

Un rapprochement des familles et de l’école est plus que jamais nécessaire, pour épauler les enfants dans leur scolarité, leurs orientations, lutter contre l’absentéisme ou le décrochage scolaire, vaincre la violence scolaire. Pour l’UNAF, les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et ils font partie de la « communauté éducative ».

Les représentations des uns et des autres sont cependant
souvent caricaturales : des parents perçus comme consuméristes
ou démissionnaires par l’école, une école perçue
comme élitiste et injuste par les parents.

"Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et ils font partie de la « communauté éducative »."

De nombreuses initiatives ont été prises pour rapprocher les
parents de l’école : la mallette des parents, une réflexion sur
les rythmes scolaires, la généralisation des Espace Numérique
de Travail)... Pour chacune de ces initiatives, l’UNAF
cherche à se faire l’écho de toutes les familles. L’UNAF
est favorable à tout ce qui ouvre l’école sur son territoire
et à ce qui permet à la communauté éducative qui a la
charge d’éduquer les enfants de tenir un discours cohérent
d’ « adultes » face à eux, dans le respect de la neutralité du
service public de l’enseignement. L’UNAF soutient toute
initiative qui améliore l’implication des parents et qui favorise
un dialogue fructueux entre enseignants et parents, plus
direct, personnalisé et continu (pas uniquement en cas de
difficulté scolaire de l’enfant).


Les réponses des candidats

Question 5.12 : Dans votre projet pour l’Ecole, que comptez-vous faire pour mieux garantir un rapprochement entre familles et école ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Il faut favoriser une concertation étroite entre école et familles, ce qui tend d’ailleurs à se développer de plus en plus face aux incertitudes de l’avenir. En revanche, je suis favorable à ce que l’Institution scolaire, l’Ecole de la République, recouvre son autorité propre et les moyens de se faire respecter des élèves, en supprimant par exemple la loi Lang.

François Bayrou : 

Les parents doivent être sensibilisés à une meilleure compréhension des choses de la vie scolaire. La structure associative constitue à mes yeux un excellent moyen de parfaire cette connaissance, c’est pourquoi je créerai des écoles associatives de parents, pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant.

Jean-Luc Mélenchon : 

Les parents doivent trouver à l’école un véritable accueil, une information claire et régulière, ce qui passe évidemment d’abord par l’arrêt immédiat des suppressions de postes, et par l’engagement d’un plan de recrutement dans l’Education nationale sous statut de la fonction publique d’État. Nous lancerons aussi un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école rassemblant dans les territoires élus, enseignants, parents et l’ensemble des personnels de l’Éducation Nationale. Et nous établirons une nouvelle sectorisation scolaire avec plus de moyens, notamment en terme de personnels pour les établissements qui en ont besoin. Enfin, nous créerons un statut du parent délégué pour assurer une véritable représentation des parents, avec des temps et des lieux aménagés pour les rencontres avec les équipes éducatives. La possibilité doit être offerte de se former pendant son temps de travail au mandat de représentant des parents d’élèves, sans que cela soit pénalisant financièrement, ainsi que la possibilité de bénéficier d’heures de décharge pour mener à bien son mandat. Il est donc nécessaire de revoir le code de la Fonction Publique et d’y inscrire juridiquement les droits des parents d’élèves.

François Hollande : 

L’école et les familles entretiennent trop souvent des rapports tendus, marqués par l’incompréhension et la culpabilisation. Par des mesures démagogiques et inefficaces, comme la suppression des allocations familiales aux familles des élèves absentéistes, par des discours de division, le candidat sortant n’a fait que renforcer cette distance et alimenter les malentendus. Cela est dangereux et ne sert assurément pas l’intérêt des enfants.

Je souhaite que les parents soient impliqués dans le parcours scolaire de leur enfant, en lien avec une école bienveillante et ouverte. Les familles sont en effet un espace essentiel d’éducation et de transmission. Pour que puisse se mettre en place un véritable suivi éducatif des enfants, une co-éducation au sens fort du terme, les parents doivent trouver à l’école un véritable accueil, une information claire et régulière sur les activités scolaires et périscolaires de leurs enfants, sur leurs réussites et leurs progrès, sur les possibilités éducatives qui s’offrent à eux et l’aide qui peut leur être apportée. Je souhaite également renforcer le rôle des représentants de parents élus, qui devront être pleinement associées, au niveau local, à la mise en place des plans éducatifs locaux et à la réflexion sur les rythmes.

Marine Le Pen : 

  • L’école sanctuaire, lieu de neutralité
  • A l’école, la laïcité qui est non seulement la neutralité religieuse mais aussi la neutralité politique sera appliquée avec la plus grande fermeté.
  • L’école doit être un sanctuaire, mettant à l’abri des modes et des lubies l’exigence de transmission des savoirs, des connaissances et du goût de l’effort. Les méthodes et l’état d’esprit pédagogistes n’y ont plus leur place.
  • La valeur centrale de discipline
  • L’école est un lieu à part dans la République, ce n’est pas un simple appendice de la société. Il faut donc en revenir à ce principe simple : à l’école tout le monde n’est pas au même niveau. Le professeur est au-dessus de l’élève. Et le parent d’élève n’est pas le client du professeur. L’accent sera mis sur cette évidence dans la formation des enseignants.
  • La valeur centrale de respect du professeur retrouvera toute sa place à l’école : cela passe par des choses simples : se lever quand le professeur entre en classe, bannir le tutoiement par l’élève de l’enseignant.
  • Les professeurs devront pouvoir s’appuyer sur leur administration et leur hiérarchie dans l’entreprise de rétablissement de leur autorité.
  • La lutte contre les violences scolaires et les atteintes aux professeurs : tolérance zéro
  • L’insécurité à l’école doit être traitée de la même manière que l’insécurité en général : tolérance zéro. Les établissements les plus dangereux seront équipés de portiques de détection des métaux, même temporairement.
  • Alourdissement des peines pour les personnes coupables d’avoir agressé physiquement ou verbalement un enseignant.
  • Se centrer sur les savoirs fondamentaux
  • L’accent sera mis dès la maternelle, et plus encore à l’école élémentaire, sur l’apprentissage des savoirs fondamentaux : français, calcul.
  • Augmentation en conséquence du nombre d’heures consacrées à ces matières, qui a sans cesse baissé depuis les années 1970. En 1976, un élève qui sortait du collège avait reçu 2800 heures d’enseignement du français depuis son entrée en CP. En 2004, c’était 2000 heures, soit 800 de moins, l’équivalent de deux ans et demi de cours.
  • Les parents d’élèves
  • Instauration de cours de français obligatoires pour les parents qui ne maîtrisent pas notre langue nationale, pour inciter les parents à franchir le seuil de l’école et à discuter avec l’équipe éducative de la scolarité de leur enfant.
  • Méthodes d’enseignement : la fin de l’aventure pédagogiste
  • Fin de l’aventure pédagogiste : la méthode syllabique sera obligatoire en CP, l’histoire sera apprise de façon chronologique tout au long de la scolarité. La géographie sera enseignée sur des cartes, et l’apprentissage de la géographie française obligatoire.
  • L’histoire de France retrouvera sa place au cœur de l’apprentissage
  • Maintien obligatoire de la note
  • La priorité : le redressement de l’école primaire
  • L’école primaire doit donc être réformée en profondeur. Il faut en particulier revoir le statut de l’école, créer un nouveau type d’établissement public sur le modèle des collèges et lycées.
  • En parallèle, un statut du directeur d’école devra lui donner les moyens d’accomplir complètement ses missions. Une revalorisation de la rémunération et une amélioration du régime de décharge sont indispensables pour pallier les problèmes actuels de recrutement, qui sont préoccupants.
  • Revalorisation des filières manuelles
  • Suppression progressive sur le quinquennat du collège unique qui a été un terrible échec.
  • Les filières techniques et manuelles seront revalorisées
  • L’apprentissage à 14 ans sera rétabli
  • Maintien du baccalauréat, qui doit retrouver son caractère sélectif : refus de tout contrôle continu : seul l’examen national permet l’égalité.
  • L’égalité sur les territoires
  • Pas de remise en cause de la décentralisation des collèges et des lycées aux départements et aux régions, qui date de 1984, mais mise en place des mécanismes de péréquation nécessaires à une vraie égalité entre les élèves sur le territoire national.
  • La décision de fermer les petits collèges de moins de 200 élèves à la campagne sera revue. Les méga-structures ne réussissent pas nécessairement. La proximité a des immenses vertus.
  • Le ministère de l’Education nationale devra faire une place toute particulière aux problématiques rurales dans son organisation interne, et les intérêts ruraux seront mieux représentés dans les cabinets ministériels.
  • Les enseignants au cœur de l’école
  • La politique du « 1 sur 2 » (non remplacement d’un enseignant partant à la retraite sur deux) cessera : l’intégralité des départ à la retraite sera remplacée. Il n’y aura cependant pas de créations de postes supplémentaires, dans un souci de responsabilité budgétaire.
  • Les efforts de réduction d’effectifs seront concentrés sur l’administration centrale du ministère de l’Education nationale

Nicolas Sarkozy : 

L’implication des parents et la coopération entre les enseignants et les parents sont des facteurs essentiels de réussite scolaire.

C’est la raison pour laquelle j’ai voulu que la responsabilité des parents soit engagée, en cas d’absentéisme scolaire, par la suspension des allocations familiales. Cet appel à la responsabilité des familles a été efficace puisque dans presque tous les cas, il a suffi d’un avertissement pour que les élèves reprennent le chemin de l’école. 33 000 avertissements ont été envoyés aux parents dont les enfants n’allaient plus à l’école et il n’y a eu que 171 suspensions d’allocations familiales, tous les autres enfants étant revenus à l’école après la lettre qui a été envoyée à leurs parents.

Pour renforcer le rapprochement entre l’école et les parents, je souhaite que chaque année les parents aient l’obligation d’inscrire eux-mêmes leurs enfants directement auprès du maître d’école ou, au collège, du professeur principal, de sorte que l’année scolaire commence par une rencontre entre les parents et le professeur.

L’augmentation du temps de présence des enseignants dans les établissements scolaires permettra également de renforcer le lien entre les parents et l’école en dégageant du temps pour les enseignants, qui pourra notamment être consacré à la rencontre avec les parents.