Un accès à une éducation pour tous

Comment assurerez-vous un accès plus équitable à toutes les formations du secondaire ou aux formations supérieures, quelle que soit la filière ?

Réponses des candidats

Chaque année, près de 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification. Ces jeunes, pour lesquels on va mettre en place des dispositifs coûteux de formation et de retour à l’emploi, se voient à juste titre comme des « laissés pour compte » du système scolaire. Pour ces jeunes, souvent en difficulté dès le primaire, l’on peut se demander en effet si l’école a tout fait pour leur permettre de s’investir dans un projet professionnel de réussite.

Par ailleurs, en France le coût des études est très variable
suivant qu’un jeune suit une formation professionnelle dans
un lycée public, fréquente l’université ou se dirige vers une
formation privée, soit par choix soit par contrainte, certaines
formations étant majoritairement dispensées par des
établissements privés. Ainsi pour les études supérieures,
on peut évaluer à plus de 20 % le nombre d’étudiants qui
font des études coûteuses. Pour les études secondaires
professionnelles, pour certaines disciplines, du fait de la
pénurie d’établissements publics, le passage par le privé est
quasi obligatoire.

Sur le premier point, l’UNAF souhaiterait une orientation qui
permette à chaque jeune de réussir dans une voie, quelle
qu’elle soit (enseignement général, enseignement technique,
apprentissage...), sans qu’il y ait de hiérarchisation et de jugement implicite des différentes filières de la part de
l’Ecole, et ceci afin de lutter contre les sorties prématurées
du système scolaire.
Sur le second point, certains établissements prennent en
considération les revenus des parents et les boursiers ne
paient pas de frais de scolarité. D’autres établissements ont
mis en place une grille de tarifs qui prennent en compte les
capacités contributives des familles, par le biais du quotient
familial (Sciences po Paris par exemple). Mais ce n’est pas
le cas de toutes les formations. Il s’agit d’une démarche
que l’UNAF souhaite promouvoir car elle lui semble juste et
permettrait un accès plus équitable aux études souhaitées
par les jeunes.


Les réponses des candidats

Question 5.13 : Comment assurerez-vous un accès plus équitable à toutes les formations du secondaire ou aux formations supérieures, quelle que soit la filière ?

Nicolas Dupont-Aignan : 

Je veux revaloriser les filières professionnelles et permettre à ceux qui y réussissent de pouvoir par la suite retrouver la filière classique. Bien entendu, je propose de rebâtir l’école républicaine qui a permis à des générations de gravir les échelons sociaux par les mesures énoncées ici.

François Bayrou : 

L’égalité dans l’orientation doit trouver des bases stables. La première de ces bases
est la parfaite maîtrise de la langue, des bases fondamentales du calcul. Si l’élève est
en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à
l’écrit et au calcul.

Je compte proposer la création d’une Agence Nationale de l’Orientation, qui sera
chargée de mettre à disposition de chacun des informations fiables sur les filières
d’emploi, leurs besoins, leurs prestations de développement.

Jean-Luc Mélenchon : 

Pour le Front de Gauche les différences entre les élèves ne sont pas
naturelles mais socialement construites. L’échec scolaire n’est donc
pas une fatalité. C’est pourquoi nous affirmons que tous les enfants
sont capables, tous ont la capacité pour entrer dans les
apprentissages scolaires, tous sont capables d’apprendre la même
chose mais pas dans n’importe quelle condition. Ce sont ces
conditions qu’il faut créer. Cela passe par une redéfinition des
programmes et de l’ensemble de l’école sur le modèle de l’élève qui
n’a que l’école pour apprendre les savoirs scolaires en lui donnant
les clefs pour entrer dans ces apprentissages. Le soutien scolaire doit
être organisé dans le cadre du Service public.

Cela passe aussi par des ruptures nécessaires avec la violence
symbolique qui s’exerce auprès des élèves, dans les choix
d’orientation ou de pédagogie par exemple. Le Front de Gauche
entend rétablir, dans leurs moyens, les Réseaux d’aides spécialisés
aux élèves en difficulté (Rased). Nous entendons également Erevaloriser
l’ensemble des voies de l’enseignement secondaire
(générale, technologique et professionnel), cela passe par le
réta blissement du Bac pro en 4 ans, la garantie pour les jeunes en
formation d’un statut social et d’une rémunération dans le cadre de
leurs stages professionnels.

Enfin concernant l’accès à l’enseignement supérieur il n’est pas
acceptable que l’on assiste dans notre pays à un recul de l’accès à
l’enseignement supérieur pour les enfants issues des familles
modestes. Nous n’entendons pas « passer de l’école pour tous à
l’école pour chacun ». Nous refusons que chacun soit comptable de sa
propre réussite ou de son échec. Nous refusons d’abandonner en
rase campagne l’ambition de la réussite de toutes et tous au profit
d’une vision purement individualiste de l’école et de la société.

Nathalie Arthaud : 

Pour ce qui concerne la scolarité des enfants, à la veille de la rentrée scolaire 2009, 30000 salariés de l’Éducation Nationale en contrat précaire ont été mis dehors. Depuis 2011, le gouvernement ne finance plus que 390 000 contrats aidés - 340 000 dans le secteur associatif et public et 50 000 dans le secteur privé - contre 520 000 auparavant. En 2012, il n’y en aura plus que 270 000 dans le public et, en 2013, 200 000 seulement.

François Hollande : 

Je n’accepte pas que l’accès aux études supérieures, le choix des filières, l’obtention même d’un diplôme, dépende tant dans notre pays, du milieu social des jeunes : il est intolérable que les enfants d’ouvriers soient moitié moins nombreux à l’université que dans la population, cinq fois moins nombreux au niveau du doctorat, d’autant que les études disponibles nous montrent que cela s’aggrave.

Ma conviction est que, pour remettre de l’égalité dans notre école de la République, de simples ajustements ne seront pas suffisants. Il nous faudra la refonder. Et ce, autour d’orientations fortes : donner la priorité à l’école primaire et maternelle, ainsi qu’aux zones en difficultés, car c’est là que les destins scolaires se forment pour la plupart ; créer des Ecoles supérieures du Professorat et de l’Education pour reconstruire une formation des enseignants digne de ce nom et transformer les méthodes pédagogiques ; réformer les rythmes scolaires pour mieux respecter les rythmes de chaque enfant, et notamment revenir à la semaine de quatre jours et demi ; mais aussi revaloriser de l’enseignement professionnel. Sur ce dernier point, je veux que les lycées d’enseignement général, technologique, agricole et professionnel se rapprochent, qu’il y ait des échanges, des coopérations, des projets communs et que les jeunesses se mêlent. Je souhaite une réforme de l’orientation qui permette de respecter le premier choix et de garantir un second choix. Enfin, je demanderai à ce que soient réservés aux bacheliers des filières technologiques et professionnelles des places dans les IUT et les STS.

Mais ce pari de la réforme globale de l’éducation nationale ne réussira qu’à deux conditions. La première sera de remettre des moyens : c’est le sens des 60 000 postes nouveaux dans l’éducation nationale que je propose de créer sur cinq ans. La seconde sera d’agir dans la concertation avec l’ensemble de la communauté éducative - les professeurs mais aussi les parents d’élèves, les associations, etc..

Marine Le Pen : 

L’honneur de l’université républicaine est d’être librement accessible à tous les titulaires du baccalauréat français, un baccalauréat plus exigeant qu’aujourd’hui.
Les droits d’inscription dans les universités doivent continuer à être fixés par l’Etat pour assurer l’égalité des étudiants. Ils doivent également rester modiques pour éviter de provoquer une sélection par l’argent.
L’Etat doit s’efforcer d’augmenter le nombre et le montant des bourses.
Le cadrage national des diplômes sera maintenu.
La pénurie de logements étudiants est l’un des plus gros problèmes actuels de l’enseignement supérieur français. L’Etat y remédiera en engageant une politique volontariste de construction et en accordant une priorité d’accès à ces logements aux étudiants français et en faisant un effort particulier pour nos étudiants français issus de la France ultra-marine.
Un autre problème majeur tient au fort taux d’échec des étudiants en première année de licence. Plusieurs mesures seront prises pour le résoudre, notamment la création d’un contrat de réussite personnalisé proposé à chaque étudiant en difficulté ou redoublant.
Les personnels de l’enseignement supérieur doivent eux aussi être mieux considérés. Une vaste concertation sera organisée sur leurs conditions de travail et sur le délicat problème des primes. S’agissant des enseignants-chercheurs, leur recrutement sera confié à des commissions de spécialistes dont les membres internes seront élus pour trois ans par champ disciplinaire. Elles se substitueront aux comités de sélection institués par la loi LRU, dont le mode de nomination des membres est quasi-unanimement critiqué comme étant contraire aux libertés universitaires.

Nicolas Sarkozy : 

L’implication des parents et la coopération entre les enseignants et les parents sont des facteurs essentiels de réussite scolaire.

C’est la raison pour laquelle j’ai voulu que la responsabilité des parents soit engagée, en cas d’absentéisme scolaire, par la suspension des allocations familiales. Cet appel à la responsabilité des familles a été efficace puisque dans presque tous les cas, il a suffi d’un avertissement pour que les élèves reprennent le chemin de l’école. 33 000 avertissements ont été envoyés aux parents dont les enfants n’allaient plus à l’école et il n’y a eu que 171 suspensions d’allocations familiales, tous les autres enfants étant revenus à l’école après la lettre qui a été envoyée à leurs parents.

Pour renforcer le rapprochement entre l’école et les parents, je souhaite que chaque année les parents aient l’obligation d’inscrire eux-mêmes leurs enfants directement auprès du maître d’école ou, au collège, du professeur principal, de sorte que l’année scolaire commence par une rencontre entre les parents et le professeur.

L’augmentation du temps de présence des enseignants dans les établissements scolaires permettra également de renforcer le lien entre les parents et l’école en dégageant du temps pour les enseignants, qui pourra notamment être consacré à la rencontre avec les parents.

Faits et chiffres

150 000

Chaque année, près de 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification.