Représentation

L’Unaf invitée à la journée du CEMA : quelle place pour le pardon face aux conflits ?

Le 25 septembre 2026, le Centre d’enseignement des modes amiables (CEMA) organisait à Paris une journée d’étude intitulée « Face aux crises et aux conflits, la place du pardon : peut-on pardonner au risque de l’oubli ? » Nathalie Serruques, chargée de mission au pôle Droit de la famille, Parentalité, Protection de l’enfance, y représentait l’Unaf à l’invitation de Jocelyne Dahan, responsable de la médiation familiale au CEMA, avec laquelle l’Unaf collabore de longue date.

De nombreux médiateurs familiaux du réseau des Udaf et des professionnels qui les accompagnent en analyse de pratiques étaient présents, aux côtés d’avocats et d’autres professionnels du règlement amiable des différends.

Ouverte par Catherine Emmanuel, directrice pédagogique du CEMA, la journée a croisé des approches et des expériences variées. Catherine Dolto, médecin et praticienne en haptonomie, a abordé la dynamique du pardon. Georges Salines, père d’une victime de l’attentat du Bataclan et coauteur de « Il nous reste les mots », a apporté son témoignage. Stephen Bensimon, philosophe, médiateur, fondateur et Président de l’IFOMENE ICP, a interrogé la possibilité de pardonner l’impardonnable.

L’après-midi était consacré plus directement aux pratiques de médiation et de justice restaurative.

Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, chercheur et enseignant, et Jacques Faget, directeur de recherche émérite au CNRS et membre du Conseil national de la médiation, ont apporté leurs regards sur la place du pardon dans ces démarches. Le programme faisait également place à des témoignages, à l’expérience luxembourgeoise de justice restaurative et à la médiation humaniste.

Pour les professionnels de la médiation familiale, ces différents éclairages nourrissent la réflexion sur l’accompagnement des conflits et des ruptures. La question des effets des relations entre adultes sur les enfants, abordée par Catherine Dolto, fait particulièrement écho au travail des Udaf auprès des familles séparées. C’est notamment le sens des ateliers PEP’S : offrir aux enfants et adolescents dont les parents sont séparés un espace où exprimer leur vécu, sans avoir à porter le conflit des adultes.

Cette attention à leur parole participe d’une réflexion plus large sur la préservation des liens familiaux et sur l’accompagnement des parents après la séparation.

Peut-on pardonner l’impardonnable ? La question demeure ouverte, et c’est ce qui fait sa profondeur. Elle oblige à regarder ensemble la gravité des faits, la place de la personne qui les a subis, le temps nécessaire pour se reconstruire et ce que peut (ou ne peut pas) apporter la rencontre avec l’autre. Pour les professionnels qui accompagnent les conflits familiaux, elle invite à réfléchir avec exigence aux conditions dans lesquelles une parole peut être accueillie, sans faire du pardon une attente ou un objectif.

Les actes de cette journée feront prochainement l’objet d’une publication.

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