CESE : séance plénière du 1er juillet 2026
L'assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental s'est tenue le 1er juillet 2026. A l'ordre du jour étaient inscrites les questions suivantes : - Echanges autour du Rapport annuel sur l’état de la France (RAEF) ; et Conférence annuelle des responsables d'organisations représentées au CESE.
Echanges sur le thème du Rapport annuel sur l’état de la France (RAEF) 2026
Le mardi 30 juin, le Bureau du CESE a adopté avec 1 voix contre et 2 abstentions le thème du RAEF 2026 avec la formulation suivante « Face au basculement démographique : aspirations et inquiétudes des Français aujourd’hui ».
Des échanges ont eu lieu en séance plénière sur ce thème du RAEF 2026.
Marie-Josée Balducchi, Présidente du groupe Familles, a pris la parole pour exprimer la position du groupe sur ce point :
« Madame la Présidente, chers collègues,
Le groupe Familles se félicite que la démographie ait été choisie comme focus du RAEF 2026. L’année 2025 ayant vu se croiser les courbes des naissances et des décès, faisant ainsi apparaître un solde naturel négatif pour la première fois depuis 1945, le CESE devait en effet s’emparer de ce sujet aussi vaste qu’essentiel.
Mon intervention vise également à préciser que ce focus devra aborder avec soin les causes de la dénatalité pour expliquer l’écart entre fécondité et désir d’enfant, celui-ci demeurant à un niveau élevé dans notre pays. Il conviendra aussi de s’interroger sur les conséquences induites de l’inversion de la pyramide des âges dans tous les domaines des politiques publiques : Éducation, démographie professionnelle, compétitivité, souveraineté santé, modèle social, logement, solidarités intergénérationnelles … liste non exhaustive.
La réflexion du CESE sur ce sujet ne s’arrêtera donc pas avec le RAEF 2026 et la démographie devra être intégrée pleinement dans la programmation des travaux de la mandature. Elle devra faire l’objet d’un ou de plusieurs futurs avis du CESE tant la thématique est transverse et irrigue tous les périmètres des commissions et délégations. Ce sujet majeur qui conditionne l’avenir de notre pays, doit faire l’objet d’un traitement dans la durée, au même titre que le changement climatique, afin d’être pris en compte systématiquement dans la définition et le suivi des politiques publiques.
Je vous remercie. »
Conférence annuelle des responsables d’organisations représentées au CESE
Claire Thoury, Présidente du Conseil économique, social et environnemental, en introduction de cette Conférence, a présenté la démarche.
Trois organisations représentées au CESE au sein du groupe Familles ont porté les sujets suivants :
Bernard Tranchand : « Je suis président de l’Unaf, qui se réjouit de cette démarche permettant la concertation de tous et de chacun. Les nombreuses problématiques et questions posées depuis ce matin, je dirais, montrent l’ampleur de la tâche, et ce, il faut le rappeler, dans un contexte de baisse démographique. Ils sont au cœur des débats de notre assemblée et nous mesurons depuis ce matin que de nombreux sujets font débat. On sent très bien qu’ils viennent interroger, impacter les grands équilibres de l’organisation de notre société.
Les questions traduisent, je crois, la réalité d’une société en interrogation profonde sur son avenir, qui impose d’agir ensemble, et plusieurs d’entre vous l’ont signalé, pour trouver les moyens de retrouver la confiance, j’allais dire de reconstruire la confiance de toute la population. Ces constats nous obligent. Le CESE, à travers toutes ses formations et sa connaissance des réalités de terrain, pourrait être amené à identifier et à nommer les causes de nos maux. Il a la légitimité pour le faire, la crédibilité, car il s’agit là de notre capacité pour notre pays à faire face aux défis d’avenir.
Je crois ainsi qu’il nous faut envisager, proposer de libérer la créativité de chacun, l’innovation, valoriser l’engagement, le travail, mais aussi favoriser l’accompagnement des plus vulnérables, des personnes en perte d’autonomie, des seniors, mais aussi de la jeunesse, et ça a été dit plusieurs fois, des enfants, mais également de prolonger et d’inventer nos équilibres sociaux.
L’Unaf, plus que d’affirmer des solutions simplistes, forme le vœu que nous soyons capables de poser sans complaisance des constats équilibrés afin d’imaginer sereinement des solutions au service de l’intérêt général. Je vous remercie. »
Marie-Claude Picardat : « Merci de me donner la parole. Bonjour. Je représente l’APGL, l’Association des parents et des futurs parents gays et lesbiens qui, depuis 1986, soutient et accompagne les personnes LGBT + dans l’élaboration de leurs projets parentaux et les parents LGBT + avec leurs enfants dans leur quotidien. Elle œuvre pour la reconnaissance légale et sociale pleine et entière des familles LGBT + et pour l’égalité de tous les enfants, quelle que soit leur configuration familiale. Faisant partie de l’Unaf, nous sommes attachés aux questions qui concernent toutes les familles, leurs aspirations, difficultés, inquiétudes pour l’avenir, en particulier pour les générations futures, en particulier sous l’angle de l’habitabilité de la planète.
En tant que membre du CESE où elle a choisi et accepté de siéger, elle indique son attachement et son respect pour l’institution et travaillera à ce titre avec les organisations présentes pour faire avancer toutes les propositions en faveur de la défense d’une société apaisée, vivable et inclusive.
Pour l’heure, nous précisons qu’il est un point fondamental que notre association sera seule à faire entendre, si j’en crois tout ce que j’ai entendu jusqu’à présent, c’est que toutes ces aspirations et tous ces engagements resteront vains pour celles et ceux qui n’ont pas accès à tous les droits, car malgré les progrès indéniables de la reconnaissance des droits des personnes LGBT depuis une douzaine d’années, nos familles et nos enfants restent à part dans la collectivité nationale. L’ouverture du droit pour nos familles s’est faite en multipliant les statuts dérogatoires, notamment pour l’établissement des filiations, et parce que l’ignorance et la méconnaissance de ces droits auxquels l’accès est plus complexe privent ces familles des droits sociaux qui s’y attachent. L’impression que le droit ouvert fonctionne et s’applique sans obstacle s’arrête à nous et à nos familles. Ceci nous conduit plus souvent à recourir à des tiers, juges, notaires, avocats, pour « faire fonctionner » les familles. Ceci oblige les parents et les enfants à « s’ouater » dans une société où les actes et les rejets homophobes explosent. C’est dire que ces changements sont urgents et indispensables, c’est ainsi que nous nous attacherons plus spécifiquement à défendre ces questions dans les travaux de cette mandature afin qu’on ne les oublie pas et que les travaux du CESE ne laisse personne sur le bord du chemin. »
Pierre Erbs : « Je parle au nom de la Confédération française des retraités. Une des préoccupations majeures de la CFR porte bien entendu sur la démographie. Je rappelle donc que, lors de sa séance plénière du 24 juin 2025, le CESE avait entendu le démographe Hervé Le Bras pour évoquer un défi majeur que doit affronter notre pays, celui du défi démographique, et cette audition a contribué à construire notre avis transverse sur la France à l’horizon 2050.
Le déséquilibre démographique nous concerne tous, les jeunes, les moins jeunes, les actifs ou non actifs, avec de multiples incidences : sociales et économiques. Il s’agit bien entendu tout autant de la baisse de la natalité que du vieillissement de la population. Mais c’est un sujet qui ne devrait pas nous diviser, les jeunes d’aujourd’hui sont les vieux de demain, les actifs d’aujourd’hui sont les retraités de demain. Or, dans de nombreux cercles, on ne cesse de les opposer.
Pour nous, retraités, c’est bien sûr la solidité de notre modèle social confrontée aux déséquilibres démographiques qui nous préoccupe. Notre système de retraite est fondé sur la répartition, système auquel nous sommes attachés, mais qui nécessiterait des adaptations pour en assurer la pérennité.
Nous nous préoccupons tout autant de la capacité de notre système de protection sociale à faire face au vieillissement de la population, notre espérance de vie s’allonge, pas nécessairement en bonne santé, et la prise en charge de la perte d’autonomie reste un problème majeur.
Une loi Grand âge nous est promise depuis plusieurs années sans que nous la voyions venir.
Et la loi Bien vieillir n’a fait que répondre à quelques préoccupations urgentes. Dans un contexte de déséquilibre démographique, il nous semble donc essentiel de chercher à consolider notre modèle de protection sociale. »
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