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Familles monoparentales – Audition de l’Unaf par la Cour des comptes : pourquoi les leviers monétaires ne suffisent plus et ce que propose l’Unaf

La Cour des comptes conduit actuellement une enquête sur la politique de lutte contre la pauvreté des familles monoparentales depuis 2016. C'est dans ce cadre que l'Unaf a été auditionnée le vendredi 6 février 2026. Ce temps d’échange fut, pour l’Unaf, l’occasion de partager son analyse et ses propositions.

Pauvreté des familles monoparentales : un constat préoccupant

Le vendredi 6 février 2026, dans le cadre de ses travaux sur la pauvreté des familles monoparentales, la Cour des comptes, a auditionné l’Unaf, représentée par Josette Elombo, Administratrice, et Pierre Flamand, Chargé de mission. 

Ce temps d’échange fut, pour l’Unaf, l’occasion de partager son analyse et ses propositions fondées sur ses analyses des politiques publiques et les enseignements tirés de l’action de terrain des Udaf.

Les chiffres les plus récents confirment une situation préoccupante : en 2023, plus d’un tiers des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté. Malgré des efforts publics anciens et importants : revalorisation de certaines prestations, sécurisation du recouvrement des pensions alimentaires, la fragilité économique de ces familles demeure élevée, et tend même à s’aggraver.

Ce constat met en lumière une limite structurelle : les politiques publiques de soutien aux familles monoparentales ont largement mobilisé les leviers monétaires. Ceux-ci ont permis aux familles les plus précaires, de ne pas basculer dans la grande pauvreté. Cependant, ces transferts monétaires, s’ils jouent un rôle d’amortisseur essentiel, ne semblent pas constituer, à eux seuls, un levier suffisant pour permettre une sortie durable de la pauvreté des familles monoparentales.

Déplacer le regard : au-delà des transferts financiers

Au cours de son audition, l’Unaf a donc plaidé pour un renforcement des dispositifs en complément des leviers monétaires.

Les familles monoparentales restent particulièrement exposées :

C’est pourquoi l’Unaf plaide pour un déplacement du regard, en complément des politiques de soutien financier, vers des leviers d’activation plus durables, au premier rang desquels figure l’emploi.

L’emploi comme levier central, à condition d’être compatible

L’accès à l’emploi constitue l’un des principaux facteurs de protection contre la pauvreté. Toutefois, cette protection n’est réelle que si l’organisation du travail est compatible avec les contraintes spécifiques des familles monoparentales.

De nombreux parents isolés ne quittent pas l’emploi par manque de volonté, mais parce que les conditions de travail, horaires rigides, imprévus, vacances scolaires, absence de solutions de garde en cas de maladie de l’enfant, ne leur permettent pas de concilier durablement responsabilités familiales et activité professionnelle.

L’Unaf a ainsi rappelé l’importance de mieux intégrer ces enjeux dans le dialogue social et d’encourager les pratiques favorisant la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, via la directive européenne « Work-life balance » qui a introduit un right to request, qui permet à un salarié parent ou aidant de demander un aménagement de son organisation du travail (horaires, télétravail, temps partiel choisi.)

Le répit parental : une condition souvent oubliée

L’audition a également permis de mettre en lumière un levier encore insuffisamment reconnu : le répit parental.

Pour de nombreuses familles monoparentales, le répit ne constitue pas un confort, mais une condition préalable à toute remobilisation, notamment professionnelle. L’absence de relais et la charge mentale permanente peuvent conduire à l’épuisement, avec des effets directs sur la santé, la relation parent-enfant et la capacité à se projeter dans l’avenir.

C’est dans cette perspective que le réseau Unaf-Udaf a développé, sur plusieurs territoires, des garderies solidaires. Ces dispositifs proposent un accueil ponctuel des enfants sur des créneaux peu couverts par l’offre existante, comme le vendredi soir ou le samedi après-midi, afin de permettre aux parents de souffler.

Ce temps de répit peut être libre ou accompagné, sur la base du volontariat, par des ateliers ou des temps collectifs. L’objectif est double : prévenir l’épuisement parental et recréer du lien social.

Accompagner les trajectoires, plutôt que créer des statuts

Enfin, l’Unaf a réaffirmé sa réserve quant à la création d’un statut spécifique des familles monoparentales. La monoparentalité recouvre des situations très diverses et, le plus souvent, transitoires.

Plutôt que de figer les familles dans une catégorie administrative, l’Unaf plaide pour une approche fondée sur les trajectoires de vie et l’identification des moments de vulnérabilité : séparation, rupture d’emploi, recomposition familiale afin d’y apporter des réponses ciblées et articulées.

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