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Projet de loi relatif à la protection des enfants

Les 1er, 2 et 6 juillet 2026, la Commission spéciale chargée du projet de loi relatif à la protection des enfants a examiné les articles de ce texte. A noter que l’Unaf a réalisé 4 propositions d’amendements sur ce texte.

Actualité législative

Les 1er, 2 et 6 juillet 2026, la Commission spéciale chargée du projet de loi relatif à la protection des enfants a examiné les articles de ce texte. Il vient pour examen en séance publique les 15, 16 et 17 juillet.

A noter que l’Unaf a réalisé 4 propositions d’amendements sur ce texte :

Les propositions modifiant le code de procédure civile n’ont pu être retenues car elles relèvent du pouvoir règlementaire. Les autres propositions n’ont pas prospéré s’agissant des MJAGBF et des administrateurs ad hoc.

Sur le fond, le projet de loi adopté en commission spéciale contient les articles et adaptations suivants :

TITRE Ier : SÉCURISER ET STABILISER LE PROJET DE VIE DE L’ENFANT PROTÉGÉ

Chapitre Ier : Réformer la mesure de placement judiciaire pour sécuriser le parcours des enfants

L’article 1er prévoit des évolutions à la mesure de placement judiciaire dans le cadre de l’assistance éducative.

Les amendements suivants ont été adoptés :

Un article 1er bis a été ajouté. Il prévoit l’établissement du projet pour l’enfant (PPE) dans les trois mois suivant le début de son parcours au titre de la protection de l’enfance. Ce document devra également évaluer dans les risques pesant sur la sécurité de l’enfant, notamment en cas de violences subies, de menaces, de phénomènes d’emprise, de risques de représailles, de fugue ou de risques liés aux conduites addictives, et faire mention des mesures mises en œuvre pour prévenir ces risques.

Il intègre enfin la prise en compte dans le PPE des relations personnelles de l’enfant avec ses parents, lorsqu’elles existent, sauf si cela n’est pas possible ou si l’intérêt de l’enfant commande une autre solution.

L’article 1er ter a été ajouté. Il concerne la transmission annuelle, ou tous les 6 mois pour les enfants de moins de 2 ans, d’un rapport concernant la situation de l’enfant au juge des enfants. Dans chaque rapport de situation transmis au magistrat, une partie dédiée aux besoins particuliers liés au handicap de l’enfant, devra être élaborée en collaboration avec les professionnels du secteur médico-social.

Chapitre II : Sécuriser plus rapidement le statut des enfants confiés dont le retour auprès de leurs parents n’est pas envisageable à long terme

L’article 2 fait évoluer les procédures relatives au statut des jeunes enfants placés à l’aide sociale à l’enfance et réaffirme la nécessité d’articuler les mesures de protection immédiate de l’enfant avec des mesures de soutien aux parents.

TITRE II : FAVORISER ET SÉCURISER L’ACCUEIL À DIMENSION FAMILIALE

Chapitre Ier : Favoriser le recours aux tiers dignes de confiance et à l’accueil durable et bénévole

L’article 3 rend obligatoire la recherche d’un tiers de confiance dans le cadre d’un placement en urgence et le versement d’une indemnité d’entretien de l’enfant aux personnes assurant un accueil durable et bénévole.

L’article 3 bis ajouté vise au rapprochement du régime juridique de l’accueil durable et bénévole de celui applicable aux tiers dignes de confiance.

Chapitre II : Réformer la réglementation relative aux assistants familiaux pour favoriser et élargir le recrutement

L’article 4 révise les conditions d’instruction et de délivrance de l’agrément des assistants familiaux et crée un accueil spécifique dit « relais ».

Parmi les amendements adoptés, il convient de noter :

L’article 4 bis ajouté vise à distinguer, dans le référentiel national d’évaluation des demandes d’agrément des assistants familiaux, des conditions matérielles d’accueil et des capacités affectives et éducatives des candidats.

TITRE III : SÉCURISER LES MODALITÉS DE PRISE EN CHARGE DES ENFANTS

Chapitre Ier : Étendre et améliorer le dispositif de contrôle des antécédents judiciaires des personnes accueillant un enfant à leur domicile ainsi que des membres de leur foyer

L’article 5 vise à enforcer le contrôle des antécédents judiciaires des personnes en contact avec des mineurs et des personnes vulnérables

Dans cet article, les amendements suivants ont été retenus :

Chapitre II : Créer une ordonnance de sûreté de l’enfant

L’article 6 porte création d’une ordonnance de sûreté de l’enfant.

La rédaction globale de l’article reprend les principes de l’article 4 de la proposition de loi relative à l’intérêt des enfants, adoptée à l’Assemblée nationale en janvier 2026, qui retranscrit une recommandation du rapport de la Ciivise préconisant de confier l’ordonnance de protection de l’enfant au juge aux affaires familiales.

L’article 6 bis pose une interdiction de fixer la résidence de l’enfant, à titre principal ou en alternance, au domicile d’un parent ayant commis des violences sur la personne de l’autre parent ou de l’enfant.

L’article 6 ter vise à clarifier de la répartition des compétences entre le juge des enfants et le juge aux affaires familiales lorsque l’enfant bénéficie d’une mesure d’assistance éducative, en particulier lorsqu’il est confié dans le cadre d’une mesure de placement

L’article 6 quater prévoit la remise au Parlement d’un rapport du Gouvernement évaluant l’opportunité, la faisabilité et les modalités de création d’une plateforme nationale dématérialisée et sécurisée recensant l’ensemble des établissements, des services et des dispositifs susceptibles d’accueillir, à titre provisoire et en urgence, des mineurs.

Chapitre III : Sécuriser les lieux d’accueil et la coordination entre les acteurs de la protection de l’enfance

L’article 7 réforme le cadre applicable aux structures accueillant des mineurs de l’aide sociale à l’enfance dans un cadre dérogatoire.

Plusieurs amendements ont été adoptés :

L’article 7 bis a été ajouté pour prévoir que l’interdiction, qui s’impose déjà au établissements et services sociaux et médico-sociaux, de pouvoir recourir à des intérimaires (médecins, infirmiers, aides-soignants, éducateurs spécialisés, assistants de service social, moniteurs-éducateurs et accompagnants éducatifs et sociaux) s’ils n’ont pas exercé leur activité dans un cadre autre qu’un contrat de mission d’intérim pendant au moins deux ans, est étendue à tous les lieux de vie et d’accueil.

Article 7 ter prévoit l’inscription des séjours de rupture dans le projet d’établissement dans le cadre de l’autorisation délivrée en application de l’article L. 313‑3 du code de l’action sociale et des familles ; interdiction des séjours de rupture hors du territoire national ; fixation d’un délai maximal pour ces séjours

TITRE IV : AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE DES ENFANTS PROTÉGÉS

Chapitre Ier : Proposer aux familles un accompagnement éducatif plus souple et mieux adapté à leurs besoins

L’article 8 permet la mise en œuvre de mesures administratives avec l’accord d’un seul parent, ainsi qu’une modulation des actions éducatives en milieu ouvert par le service chargé de leur exécution.

Cet article a reçu les modifications suivantes :

L’article 8 bis a été ajouté pour prévoir l’inscription dans le code de l’action sociale et des familles du recours aux conférences familiales dans le cadre des mesures de protection de l’enfance.

Chapitre II : Simplifier l’exercice de l’autorité parentale sur les enfants confiés

L’article 9 sécurise l’accès aux soins des enfants confiés au service départemental de l’aide sociale à l’enfance.

Des ajouts ont ainsi été intégrés :

L’article 9 bis précise le périmètre du secret partagé en matière de protection de l’enfance, afin de faciliter la transmission des informations entre les différentes institutions, en consacrant une exception légale assumée, ciblée et sécurisée au secret professionnel.

L’article 9 ter fait de l’acte non usuel l’exception dans la prise en charge des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance.

TITRE V : RENFORCER LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DES INFRACTIONS SUR LES MINEURS

L’article 10 permet de préciser les actes d’enquêtes essentiels s’agissant d’infractions commises au préjudice des mineurs et informer systématiquement la victime de l’état d’avancement de l’enquête.

L’article 11 porte la peine encourue pour le viol sériel à la perpétuité lorsqu’une des victimes est mineure de 15 ans. Deux amendements ont été adoptés :

L’article 11 bis prévoit une dérogation aux règles de droit commun de la confusion des peines pour les peines prononcées en lien avec des crimes et délits de nature sexuelle commis sur un ou plusieurs mineurs de quinze ans.

L’article 11 terprévoit une période de sûreté étendue à la totalité de la durée de la peine en cas de condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité pour des faits de viols sur un mineur de quinze ans.

L’article 12 exclut les auteurs d’infraction de nature sexuelle du bénéfice de la libération sous contrainte de plein droit.

L’article 12 bis prévoit la remise au Parlement d’un rapport du Gouvernement sur l’accompagnement, à l’issue de leur peine, des personnes condamnées pour des infractions sexuelles commises sur des mineurs

L’article 13 instaure un régime de contrôle administratif des accueils de mineurs ne relevant pas de la catégorie des accueils collectifs de mineurs

L’article 14 bis prévoit la remise au Parlement d’un rapport du Gouvernement sur les moyens de détecter, au stade du recrutement des personnes appelées à intervenir auprès de mineurs, celles qui sont mises en cause pour des faits de violences ou d’atteintes sexuelles sur un mineur sans avoir encore fait l’objet d’une condamnation ni d’une mesure judiciaire.

TITRE VI : DISPOSITIONS RELATIVES À L’OUTRE-MER

L’article 15 permet l’adaptation des dispositions relatives à l’outre-mer.

L’article 16 prévoit l’élaboration par le Gouvernement, en concertation avec l’Assemblée Polynésie française, d’un plan stratégique visant à développer une offre locale de formation aux métiers de la protection de l’enfance, adaptée aux besoins du territoire et aux réalités de son organisation sociale.

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